L’art de dirigerAutrefois, le
compositeur en personne faisait jouer les musiciens. Il les guidait en jouant lui-même depuis un clavecin ou un orgue.
Jean-Baptiste Lully, le compositeur de la cour de Louis XIV, fut le premier à diriger, mais face au public et au Roi, le dos tourné à l’orchestre. Pour battre la mesure, il frappait le sol avec une grande et lourde canne. Ensuite, ce fut au tour du premier violon qui jouait debout pour guider les autres musiciens. Au XIXe siècle, à Paris,
Hector Berlioz développe une véritable technique de direction. La grande canne disparaît pour laisser place à une baguette légère et silencieuse. Le chef dirige debout face à son orchestre et dos au public, depuis une petite estrade de façon à bien voir tous les musiciens. Il adopte un costume appelé queue de pie.
Au XXe siècle, le rôle du chef d’orchestre devient primordial. Seuls les mouvements de ses mains et l’expression de son visage doivent guider l’orchestre. La direction devient alors un art, et le chef d’orchestre
une véritable vedette.
Une communication très spécialeLe chef d’orchestre doit
faire jouer tous les musiciens ensemble. Pour cela, il connaît chacun des instruments, ses difficultés, ses limites. Il maîtrise également le « conducteur », partition qui rassemble les parties de chaque instrument (il peut y en avoir jusqu'à 50 différentes !).
Le chef dirige par
ses gestes et expressions et à l’aide de sa baguette l’ensemble des instrumentistes. La
main droite tient la baguette et marque le tempo (ou rythme), c’est-à-dire la vitesse d’exécution du morceau. Le
bras gauche indique les nuances à appliquer et donne le signal du départ aux différents instruments. Le
visage est très important chez certains chefs. Un regard suffit parfois à indiquer une entrée ou à encourager un musicien avant un solo délicat.
Plusieurs jours avant un concert, le chef réunit son orchestre. La première
répétition est une lecture pour repérer les passages difficiles. Ensuite, des répétitions par pupitre (famille d’instruments) sont organisées pour un travail précis de justesse et de rythme. Le soliste d'un concerto ou les chanteurs ne viennent souvent que pour les dernières répétitions, et en particulier pour la « générale », ultime séance avant le concert.