Depuis l'initiative prise par les Etats-Unis d'attaquer la Chine devant l’OMC, l'Organisation mondiale du commerce, le fléau de la contrefaçon inquiète de nouveau l'opinion. Dans le monde entier, les copies illégales se comptent par milliards : chemises Lacoste, chaussures Nike, lunettes de soleil Gucci ou sacs Louis-Vuitton, mais aussi boissons, CD, appareils électriques, pièces détachées pour avions ou voitures, médicaments... La piraterie ne connaît aucune limite. Outre les pertes fiscales engendrées, qui se comptent en milliards, ce phénomène menace des dizaines de milliers d’emplois.
Selon une étude de l’OCDE, les imitations représentent environ 3 % du commerce planétaire, soit un volume commercial de 135 milliards. D’autres études les chiffrent à 5 à 9% du commerce mondial et évaluent le préjudice économique mondial à 250 à 300 milliards d’euros. Conscients ou non d’avoir acheté une copie, les consommateurs courent de sérieux risques : réaction allergique aux colorants ou produits de tannage toxiques, électrocution, blessures de tous types, intoxication pouvant entraîner la mort après l'ingestion d'aliments ou de médicaments frelatés.

Sur notre carte interactive, des informations détaillées sur les différents pays de provenance des contrefaçons, les produits les plus fréquemment plagiés et le préjudice de la diffusion des produits de contrefaçon en Europe.

Les échanges de produits contrefaits dans le commerce mondial vont croissant : en 1998, 10 millions d'articles ont été saisis sur le marché européen ; deux ans plus tard, ce chiffre atteignait 67,7 millions. En 2003, il était de 92,2 millions. L’Asie du Sud-Est reste la principale région productrice de produits pirates : en 2006, 60 % des marchandises confisquées provenaient de Chine. Cela dit, l’Union européenne, certes victime, n'est pas innocente non plus : en 2004, 19 % des parfums saisis sur le territoire communautaire provenaient d'un pays membre. De même, le rôle des entreprises européennes qui font produire des imitations à l’étranger pour ensuite les écouler sur le marché national ou international est loin d’être négligeable.
Pour répondre efficacement à ces réseaux de contrefacteurs, les services des douanes européennes lancent des actions communes dans les ports et les aéroports et renforcent leur coopération avec les institutions, mais aussi avec les acteurs économiques. Ainsi, il n'est plus rare aujourd'hui que ce soient les marques originales elles-mêmes qui fournissent des indications sur la livraison de contrefactions. Dans les contrôles ponctuels qu'elles effectuent, les douanes ont la puce à l'oreille dès que les documents demandés sont incomplets. L’été dernier, en l’espace de quelques semaines, les douaniers du port de Hambourg ont mis la main sur 117 conteneurs de marchandise illégale, d’une valeur totale de 383 millions d’euros.
Texte : Christiane Wächter