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ARTE Journal 7 juillet 2010 - 16/07/10

Chine : grèves à répétition - Les faits

Grèves à répétition en Chine: les faits
par Benoît Guivellic pour ARTE Journal en partenariat avec Aujourd'hui la Chine)

Depuis quelques semaines, les ouvriers chinois font parler d'eux dans les médias internationaux. Alors que dans les plus hautes sphères de l'État, on s'inquiète d'un "malaise social" grandissant, une vague de protestation secoue les régions industrielles de l'atelier du monde. Mais si ces derniers temps, les débrayages se multiplient dans les usines, ce sont d'abord leurs conséquences les plus tragiques qui ont fait la une des médias.

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Ces usines qui tuent, le précédent Foxconn
Les 25, 26 et 27 mai, trois tentatives de suicides dont deux réussies ont eu lieu sur le site de Shenzhen de l'entreprise Taïwanaise Foxconn, qui fabrique des produits électroniques pour plusieurs marques étrangères, dont Apple, Nokia et Dell. Ces événements ont ému l'opinion d'autant que depuis Janvier 2010, huit employés "tombés" du haut de bâtiments avaient déjà trouvé la mort dans cette entreprise.
Accusé de maltraiter ses ouvriers, le groupe a nié toute responsabilité et mis en place plusieurs mesures, telles que de diffuser une musique douce dans ses ateliers, inviter des moines bouddhistes à pacifier les âmes ou encore installer des filets de protections autour de ses bâtiments.
Mais ces mesures n'ont pas suffi à calmer les tensions. Début juin, le groupe taiwanais a annoncé la prochaine augmentation du salaire de base de ses ouvriers qui passera de 1200 yuans (147 euros) à 2000 yuans (245 euros) à compter du 1er octobre prochain.

Un mouvement qui se propage
Dans la foulée du conflit chez Foxconn, malgré les hausses des salaires minimum promises depuis déjà plusieurs mois par 11 provinces de Chine, une série de grève s'est déclenchée dans les usines des régions industrielles. Sur le site de Foshan de Honda, une grève a abouti à une hausse de 24% du salaire de base. Les ouvriers ont obtenu également une renégociation des salaires dans l'usine Toyota de Tianjin. En quelques semaines, les médias ont recensé pas moins de 27 mouvements de grève dans tout le pays. des grèves souvent victorieuses comme la dernière en date, celle menée au sein du groupe japonais Mitsumi Electric où les ouvriers ont repris le travail le 4 juillet en ayant obtenu une revalorisation de leurs salaires.
Face à ces contestations, les autorités ont réagi au moins au niveau du discours. Elles reconnaissent ainsi ouvertement la mauvaise répartition des richesses, qu'elles considèrent comme une menace pour l'"harmonie" du pays. Fait inhabituel, le "syndicat" officiel, en général peu enclin à la défense des travailleurs, publie désormais des statistiques accablantes. Il révèle entre autres que la part du Produit Intérieur Brut chinois consacrée aux salaires, qui était de 56,3% en 1983, avait décliné jusqu'à 36,7% en 2005 et avait peu évolué depuis.

Un gouvernement en alerte
Les plus hauts dirigeants tentent également de se montrer compréhensifs envers les ouvriers, à l'instar du premier ministre Wen Jiabao, qui a déclaré mi-juin que les responsables gouvernementaux et la société toute entière devaient "traiter les jeunes travailleurs migrants comme leurs propres enfants". "Il faut respecter la contribution des travailleurs migrants à l'enrichissement du pays et à la construction de gratte-ciel dans nos villes", a-t-il ajouté. Un changement de ton révélateur de l'inquiétude des dirigeants chinois face à tout risque de déstabilisation sociale.


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Edité le : 07-07-10
Dernière mise à jour le : 16-07-10


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