Impossible pour eux de se défendre, de s’organiser. Pas les moyens de se payer les services d’un avocat. Et les avocats eux-mêmes, quand ils sont saisis de l’affaire, ont bien du mal à se faire entendre. C’est ce qu’explique Me Wang, du barreau de Pékin : « on nous demande de ne pas faire de vagues … ». Le plus important d’entre eux, Li Fangping (également avocat de Hu Jia, célèbre défenseur des Droits de l'Homme) vient ce lundi de s’enfuir à l’étranger.
Tout a commencé ici, à Shijiazhuang, la capitale du Hebei, à 300 kilomètres de Pékin. Dans cette usine, l’usine San Lu, un géant de l’agroalimentaire, au développement exponentiel, depuis que les Chinois ont découvert et commencé à apprécier le lait. Une usine fermée aux regards étrangers, totalement sinistrée aujourd’hui, mais qui essaye tant bien que mal de communiquer pour sauver ce qui peut l’être.
Pas un mot sur les autres victimes du scandale, les éleveurs. Dans sa ferme, Tong jette tous les matins les 300 litres de lait que lui donnent ses onze vaches. Des vaches qu’il a rachetées voici six ans à San Lu. La demande devenant trop forte, la société a choisi de revendre son cheptel à des éleveurs indépendants, comme Tong. Lui, il a toujours vendu son lait à une coopérative : il ignore ce qui se passait après.

(animation interactive)
18 reportages et un carnet de route sur le véritable visage de Pékin en 2008.
> vers l'animation

A la coopérative, justement, les journalistes ne sont pas vraiment les bienvenus. Toutes les enquêtes pourtant pointent du doigt ces intermédiaires, devenus tout-puissants dans un contexte de forte croissance de la consommation laitière. Depuis plusieurs années, ce n’était plus San Lu qui fixait les prix, mais les coopératives qui dictaient leurs conditions à San Lu. Un marché prometteur où petits coopérateurs et mafia communistes locales se sont parfaitement entendus pour que les contrôles de qualité ne soient pas trop sévères…







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