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ARTE Journal 16 juillet 2010 - 02/09/10

Chine-Allemagne : partenariat privilégié

A l'occasion de la visite de la Chancelière allemande Angela Merkel, en Chine, les deux premiers exportateurs mondiaux ont encore resserré leurs relations commerciales. Pour la France, la situation n'est pas aussi reluisante que pour l'Allemagne. En avril dernier, Nicolas Sarkozy a effectué une visite de réconciliation en Chine mais il faudra attendre l'automne prochain pour que le partenariat commercial sino-français soit réellement relancé.

Allemagne-Chine : un exemple pour le reste de l'Europe
La Chine est le plus grand partenaire économique de l'Allemagne en Asie. Et l'Allemagne est le principal partenaire économique de la Chine. En 2009, les échanges commerciaux entre les deux pays se sont intensifiés, ils ont presque doublés : 91 milliards de dollars en 2009 contre 41 milliards de dollars en 2001. Et malgré la crise, le commerce sino-allemand représente toujours le quart du volume global des échanges entre la Chine et le reste de l'Europe.

L'Allemagne demande plus d'équilibre dans les échanges commerciaux
Tout va bien donc sauf que le Tigre rugit de plus en plus fort. Lors de ses rencontres avec le président chinois, Hu Jintao et le Premier ministre chinois Wen Jiabao, la chancelière allemande a plaidé pour une plus grande ouverture du marché chinois. En clair, Berlin demande un ré-équilibrage des échanges, car ces dernières années c'est en faveur de la Chine que la balance commerciale a penché : ses exportations ont totalisé 55 milliards de dollars, alors que les exportations allemandes vers la Chine oscillaient autour 36 milliards.

Même détrônée de sa place de premier exportateur mondial, l'Allemagne est gagnante
Le développement économique de la Chine a pris de vitesse tout le reste du monde et aucun autre pays n'est actuellement en mesure de rivaliser avec Pékin dans ce domaine. L'an dernier, la Chine a détrôné l'Allemagne à la très symbolique place de premier exportateur mondial. En 2009, Pékin a exporté pour plus de 1200 milliards de dollars et a enregistré un solde positif de 195 milliards. De quoi faire pâlir de jalousie les pays européens, mais le point positif pour Berlin c'est que les secteurs d'exportations qui montent en flèche en Chine comme les chaussures, les meubles ou les jouets utilisent des machines et des technologies exportées par l'Allemagne...

Le système de co-entreprises encore renforcé
La visite de la Chancelière Merkel a permis de signer 10 nouveaux accords de coopération, dans le domaine industriel, celui des services et de l'énergie verte. Le constructeur automobile Daimler et le fabricant de camions chinois Beiqi Foton Motor vont constituer une co-entreprise de construction de poids lourds dotée d'un capital de 938 millions de dollars. Quant au groupe Siemens, déjà bien implanté en Chine, il a signé la création d'une 2ème co-entreprise avec ShangaI Electric, qui offrira des services aux opérateurs de centrales électriques.

Cap sur les économies vertes
Dans ce domaine aussi l'équation est gagnante : l'Allemagne dispose d'un savoir faire unique dans le domaine des technologies vertes. La Chine, de son côté, peut offrir ses masses laborieuses et son capital. Berlin et Pékin ont donc logiquement décidé de renforcer leur coopération dans le green business... Un fonds "vert", doté d'une enveloppe de 124 millions d'Euros va être créé pour permettre la création de parcs écologiques sino-allemands. Objectif : encourager les réductions d'émissions de gaz à effets de serre et les économies d'énergie dans les entreprises chinoises en s'appuyant sur le savoir-faire allemand. Un partenariat environnemental qui s'étend à la protection des ressources en eau et aux énergies renouvelables... L'ours berlinois et le tigre pékinois n'ont pas fini de faire équipe...

Et la France dans tout ça ?
En 2007, la Chine et la France avaient signé pour 20 milliards d'euros de contrats commerciaux, dont une grosse commande pour Airbus et la fourniture par Areva de deux réacteurs nucléaires. Mais depuis 2008, rien ne va plus entre Paris et Pékin. Nicolas Sarkozy a offensé la superpuissance en 2008 en critiquant vertement la répression au Tibet, menaçant même de boycotter les JO de Pékin. Puis, comble des combles pour le régime chinois, il avait rencontré le Dalaï-Lama en Pologne. L'Allemagne avait d'ailleurs du subir l'"excommunication" de Pékin en 2007, après la visite du leader spirituel tibétain auprès de la chancelière allemande en 2007.

Se réconcilier avant de signer de nouveaux contrats
La deuxième visite du président français en Chine, en avril dernier, n'a pas été conclue par la signature d'une série de gros contrats, même si Nicolas Sarkozy était accompagné par les plus grands patrons des secteurs aéronautique, nucléaire et de l'industrie du luxe. Il s'agissait avant tout d'enterrer la hache de guerre. Sur les 5 dernières années, les Français ont plus importé de Chine, notamment dans l'habillement et l'informatique, qu'ils n'y ont exporté. La croissance des achats de la France en Chine a ainsi augmenté de 14 % l'an passé. Le secteur du luxe, en revanche, s'épanouit toujours plus en Chine. En 2009, les exportations de produits de luxe français vers l'Empire du Milieu ont augmenté de 6.9 %.

Poursuite des accords dans le domaine aéronautique, nucléaire
Dans le domaine de l'aéronautique et du nucléaire, la France reste bien placée. Elle s'est notamment associée avec la Chine pour l'équipement de 50 à 100 exemplaires de l'avion de chasse JF17. Et il y a un an, Airbus a livré le premier A320 assemblé sur sa chaîne de Tianjin. Dans le domaine nucléaire, le groupe français a signé, en 2007, le plus gros contrat de l'histoire du nucléaire civil- 8 milliards d'Euros- pour fournir à la Chine deux réacteurs de troisième génération EPR. Deux livraisons supplémentaires sont désormais envisagées pour le sud de la Chine. Mais il faudra attendre l'automne et la visite du Président Hu Jintao en France pour que Pékin et Paris scellent leur amitié retrouvée avec de nouveaux contrats à la clé.
(CS avec AFP, INSEE, Les Echos, L'Expansion, Ministère français des Affaires étrangères, Ambassade de France en Chine)


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Edité le : 16-07-10
Dernière mise à jour le : 02-09-10


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