Depuis 15 ans, le réalisateur Chris Cunningham est le Maverick de l'obscur. Ses vidéos, comme son oeuvre de 17 minutes intitulée "Flex" commandée par la Royal Academy of Arts de Londres, sont des OVNI digitaux. Portishead, Madonna et Björk se disputent sa griffe pour réaliser leurs clips. Plus à l’aise derrière les caméras que devant les micros, l’enfant terrible du vidéoclip joue à cache à cache avec les médias depuis ses débuts. Inclassable, maniaque, Chris Cunningham refuse les compromis au point de faire signer 18 contrats à la Royal Academy of Arts pour s’assurer que "Flex" serait montré dans son intégralité.
Né en 70 dans le Suffolk en Angleterre, Chris Cunningham apprend la peinture et la sculpture avant de se spécialiser dans la création de modèles en silicone et les effets spéciaux. Il fait ses classes comme assistant dans les films de science-fiction américains et participe à l’élaboration des créatures de Alien 3 et 4. En 94, il est repéré par Stanley Kubrick, le génie de "2001, l'Odysée de l'espace". Le réalisateur embauche Chris pour concevoir ses créatures robotiques sur le projet "Intelligence Artificielle", un film finalement réalisé par Steven Spielberg après la mort du maître cinq ans plus tard. Pendant les préparatifs, Cunningham pique dans une poubelle les éléments d’un avion ayant servi au tournage. Il construit alors une machine qui sera l’objet de son premier vidéoclip "Second Bad Vilbel" pour le duo anglais Autechre.
Avec Chris Cunningham, la vidéo musicale devient un genre cinématographique à part entière. Conçus comme de petits films, jouant sur la synchronisation parfaite entre le son et l’image, ses réalisations tournent une page dans l’histoire du vidéoclip. Un génie célébré lors des 20 ans du label Warp à la Cité de la Musique. Chris Cunningham honore l'anniversaire de son label par une performance inédite: un live entièrement construit autour d’extraits de ses images les plus marquantes, comme ici son dernier clip en date, "Sheena is a parasite" qu'il avait conçu pour The Horrors après les avoir découverts sur Internet.
À la fois drôle et angoissant, ce travail trouve son apogée dans la collaboration qu'entretient Cunningham depuis douze ans avec son complice Aphex Twin. Chris y développe son goût pour les corps nus et les coups tordus.
Entre clip et œuvre d'art, Chris Cunningham invente même un genre hybride avec ce court métrage, "Rubber Johnny" réalisé en trois ans. Speedant!
Liens
- Pour tout savoir sur Chris Cunningham
- Le site du label Warp
- Les 20 ans de Warp (cet automne à Londres)
- Les 20 ans du label à Paris - Lire l'article de Poptronics
- Chris Cunningham sur le blog français de Warp
DVD
Volume 2: The Work of Director Chris Cunningham8 clips, le making of "All is full of Love", 6 films ainsi qu'un livret de 52 pages
>> Le site officiel







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