1169 : Henry II, roi d’Angleterre, occupe l’Irlande.
17e siècle : Début de la colonisation du nord de l'Irlande par des Ecossais et des Anglais de confession protestante.
1690 : Lors de la bataille de Boyne, le roi protestant Guillaume d’Orange défait James II, souverain catholique expulsé d’Angleterre.
1801 : Traité d'union avec l'Angleterre.
1919 : Des soulèvements catholiques dégénèrent en guerre civile.
1921 : Traité anglo-irlandais : partition de l'Irlande en une République irlandaise souveraine et une province du nord qui reste rattachée au Royaume-Uni et qui dispose d'un Parlement (Stormont).
Trente ans de violence :1968 : La minorité catholique pro-irlandaise réclame davantage de droits à la majorité protestante pro-britannique. S’ensuivent des violences entre communautés protestantes et catholiques.
1969 : Pour faire face à la montée des tensions, des troupes britanniques sont dépêchées en Irlande du Nord.
1972 : Lors du « Dimanche sanglant » à Londonderry, l'armée britannique abat 13 manifestants pro-irlandais qui n'étaient pas armés. Les parachutistes avaient ouvert le feu sur des participants à une marche pour les droits civils. En réaction à cet événement, l'IRA commet plusieurs attentats. A Belfast, des voitures piégées font onze victimes. En raison de la recrudescence de la violence, le Parlement régional est dissout et l'Irlande du Nord placée sous l'administration directe de Londres.
1973 : Une conférence organisée à Sunningdale, près de Londres, réunit des représentants des gouvernements britannique, irlandais et du futur gouvernement nord-irlandais. La décision y est prise de partager le pouvoir entre les deux communautés. Cet accord est mis à bas suite à une grève générale organisée par les protestants. Un an plus tard, l’état d’urgence est décrété.
1974 : Des attentats à la voiture piégée orchestrés par des terroristes protestants à Dublin et Monaghan font 28 victimes.
1979 : L'IRA multiplie les attentats contre des personnalités britanniques. Lord Mountbatten, cousin de la Reine Elisabeth II, meurt ainsi dans l’explosion de son yacht. Parallèlement, les milices protestantes et loyalistes poursuivent leurs campagnes de terreur.
1981 : Bobby Sands, membre de l'IRA et député à la Chambre basse, succombe à une grève de la faim avec dix autres prisonniers de la maison d’arrêt de Maze.
1983 : Un attentat à la bombe perpétré par l'IRA fait six victimes dans le magasin londonien « Harrod's ».
1984 : Margaret Thatcher, alors Premier ministre, échappe de peu à un attentat à la bombe commis par l'IRA pendant les assises du parti conservateur. Cinq personnes trouvent la mort.
1985 : Le gouvernement irlandais est investi d'un droit consultatif dans l'administration des affaires de l'Irlande du Nord. Des unionistes pro-britanniques protestent contre cette décision.
1994
Septembre : L'IRA proclame un cessez-le-feu, auquel souscrivent, quelques semaines plus tard, des groupes loyalistes pro-britanniques. C'est la première fois en 70 ans que des entretiens officiels ont lieu entre le gouvernement britannique et le Sinn Féin, parti proche de l'IRA.
1996
Février : L'IRA dénonce le cessez-le-feu. A Londres et à Manchester, des attentats font deux morts et 300 blessés.
Juin : A Belfast, des entretiens entre partis politiques s'engagent grâce à l'entremise de George Mitchell, ancien sénateur américain. Le Sinn Féin est exclu de ces pourparlers en raison des attentats perpétrés par l'IRA.
1997
Septembre : L'IRA proclame un nouveau cessez-le-feu. Peu après, le Sinn Féin se joint pour la première fois aux pourparlers de paix.
Décembre : Au quartier de haute sécurité de Maze, le leader de la « Loyalist Volunteer Force » (LVF), Billy Wright, est assassiné par le groupuscule catholique, « Irish National Liberation Army » (INLA). S’ensuit une vague d'attentats meurtriers.
1998
10 avril : Signature du Traité de paix pour l'Irlande du Nord (« Accord du Vendredi saint »).
22 mai : En Irlande du Nord et dans la République d'Eire, la population consultée par référendum approuve les accords de paix.
25 juin : Election des 108 représentants à l'Assemblée d'Irlande du Nord. Les partis catholiques et protestants favorables à la paix remportent la majorité des sièges.
1er juillet : L'unioniste modéré David Trimble est élu Premier ministre d'Irlande du Nord par l'Assemblée régionale.
Juillet : L'interdiction faite à la confrérie orangiste (protestante) de défiler, pour commémorer des victoires de troupes protestantes sur les catholiques, dans un quartier catholique de Portadown entraîne une explosion de violence.
1er août : Un attentat à la voiture piégée du groupuscule catholique « Real IRA » fait 35 blessés.
8 août : La LVF fait savoir qu'elle renonce à l'usage de la violence.
15 août : A Omagh (Ulster), un attentat à la bombe revendiqué par des dissidents du « Real IRA » fait 28 morts et plus de 200 blessés.
19 août : « Real IRA » proclame la suspension temporaire de ses « actions militaires ».
2 septembre : Le Sinn Féin annonce son intention de renoncer à la violence.
14 septembre : Ouverture solennelle de l'Assemblée semi-autonome d'Irlande du Nord au château de Stormond.
10 décembre : Le prix Nobel de la Paix est décerné à David Trimble, futur Premier ministre de l'Irlande du Nord, et à John Hume, leader du parti ouvrier nationaliste irlandais, pour avoir œuvré en faveur de la réconciliation entre nationalistes irlandais et pro-britanniques.
18 décembre : Les Unionistes et le parti nationaliste irlandais s'accordent sur la formation d'un nouveau gouvernement de la Province, composé à parts égales de protestants et de catholiques. Mais la question du désarmement de tous les groupes clandestins, considérée comme le principal obstacle à une solution pacifique globale, est laissée en suspens.
1999
Mars : La nomination d'un gouvernement nord-irlandais est reportée. David Trimble refuse d'inclure des membres du Sinn Fein dans son cabinet, tant que l'IRA n'aura pas commencé son désarmement.
9 juillet : Un plan proposé par Tony Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern aux partis nationalistes et unionistes d'Ulster prévoit la création, le 15 juillet, d'un gouvernement dans lequel les deux communautés se partageraient le pouvoir, ainsi que le désarmement des milices d'ici mai 2000.
15 juillet : Tony Blair annonce la mise entre parenthèses durant l'été de son plan de paix, après le rejet de celui-ci par les unionistes de l'UUP.
6 septembre : Le médiateur américain George Mitchell entame une série de consultations pour tenter de convaincre les partis nord-irlandais d'appliquer l'accord du vendredi saint, désormais au point mort.
9 novembre : L'IRA s'engage à collaborer avec la commission sur le désarmement dirigée par le Canadien John de Chastelain, et le Sinn Fein propose de publier une déclaration condamnant toute forme de violence politique.
15 novembre : George Mitchell demande aux partis de se prononcer sur le projet de compromis pour la mise en œuvre de la paix.
16 novembre : Le dirigeant de l'UUP, David Trimble, soutient le compromis bien qu'il ne prévoit pas de restitution d'armes par l'IRA avant la constitution du gouvernement. Cette décision est validée par le Conseil supérieur de son parti le 27 novembre. David Trimble prévient qu'il démissionnera de l'exécutif, si le groupe armé n'a pas fait un geste concret d'ici février 2000.
29 novembre : Inaugurant la mise en place des institutions semi-autonomes, un gouvernement de dix ministres est formé, comprenant cinq nationalistes et cinq unionistes.
2 décembre : L'Assemblée nord-irlandaise est investie de pouvoirs d'autonomie, ce qui met fin à 27 ans d'«administration directe» de Londres sur la province.
2000
11 février : La Grande-Bretagne suspend les institutions d'Ulster en raison de l'absence de «progrès suffisants» en matière de désarmement dans la province.
5 mai : Le gouvernement britannique annonce le rétablissement des institutions d'Ulster, en échange d'un geste des parties en présence.
6 mai : L'IRA s'engage pour la première fois à mettre ses armes «hors d'usage» et offre une inspection internationale de certains de ses dépôts clandestins comme preuve de sa bonne volonté.
9 mai : L'armée britannique annonce la fermeture de 6 sites militaires en Irlande du Nord. Son objectif est de ramener à 8000 le nombre de soldats présents sur place (contre 14 000 en 2000 et 30 000 au plus fort des troubles).
16 mai : Conformément à l'accord du vendredi saint, le gouvernement britannique présente un projet de réforme de la police, composée à 90% de protestants.
27 mai : Le premier parti protestant unioniste d'Irlande du Nord, l'UUP de David Trimble, vote de justesse (53% des voix) en faveur de la remise en place du gouvernement autonome.
30 mai : Les institutions autonomes sont rétablies.
26 juin : Premières inspections internationales de dépôts d'armes de l'IRA.
Juillet : Des loyalistes provoquent de violents incidents à l'occasion des traditionnelles marches de l'Ordre d'Orange, en raison de l'interdiction faite aux protestants par les autorités britanniques, deux ans plus tôt, de défiler dans les quartiers catholiques.
28 juillet : En application des accords du vendredi saint, les derniers prisonniers terroristes de la prison de Maze, symbole de 30 ans de troubles en Irlande du Nord, sont libérés. La prison sera fermée et détruite.
Août : Flambée de violence au sein de la communauté protestante en raison de l'opposition des loyalistes au processus de paix.
26 octobre : Au lendemain d'une nouvelle inspection de dépôts d'armes clandestins de l'IRA, les inspecteurs internationaux chargés de superviser le désarmement déclarent que l'organisation honore ses engagements.
22 novembre : La Chambre des communes vote le projet de loi réformant la police.
2001
8 juin : Le parti loyaliste modéré de David Trimble perd du terrain face aux extrémistes protestants, lors des élections législatives britanniques. Dans les rangs des nationalistes, le Sinn Fein devient pour la première fois le premier parti catholique, devançant le SDLP de John Hume.
1er juillet : Devant le refus de l'IRA de commencer le désarmement, David Trimble démissionne de son poste de Premier ministre.
6 août : La commission pour le désarmement des milices annonce que l'IRA lui a proposé des modalités pour neutraliser son arsenal. Aucun détail ni calendrier n'est précisé.
7 août : Les Unionistes protestants jugent insuffisant le geste de l'IRA, faute d'un désarmement effectif de la milice catholique.
8 août : L'IRA confirme son offre de désarmement, mais reste muette sur tout calendrier.
10 août : Londres suspend les institutions nord-irlandaises, afin de donner davantage de temps aux partis catholiques et protestants pour tenter de surmonter leurs divergences.
14 août : L'IRA retire son offre de désarmement, estimant que sa proposition n'avait pas été prise suffisamment au sérieux, ni par le camp unioniste, ni par le gouvernement britannique.
Septembre : Des manifestants protestants s'opposent au passage de familles catholiques dans leur quartier pour rejoindre une école primaire lors de la rentrée scolaire.
17 septembre : L'un des architectes du processus de paix en Irlande du Nord, John Hume, démissionne de la direction du SDLP.
28 septembre : Un journaliste catholique est assassiné par des miliciens loyalistes.
22 octobre : Le Sinn Fein demande officiellement à sa branche armée, l'Armée républicaine irlandaise (IRA), de commencer son désarmement. Le lendemain, l'IRA obtempère.
24 octobre : Londres amorce le démantèlement de ses installations militaires en Irlande du Nord.
4 novembre : La nouvelle police d'Ulster, le Service de police d'Irlande du Nord (PSNI), remplace l'ancien Royal Ulster Constabulary (RUC).
6 novembre : David Trimble est réélu comme Premier ministre d'Irlande du Nord. Le catholique modéré Mark Durkan est élu adjoint.
2002
9 mars : David Trimble propose d'organiser un référendum sur l'unification de l'Irlande en 2003. Un tel scrutin conforterait la place actuelle de la province au sein du Royaume-Uni.
8 avril : L'IRA procède à un deuxième acte de désarmement.
5 juin : Alex Maskey, membre du Sinn Fein, est élu maire de Belfast.
16 juillet : L'Armée républicaine irlandaise présente ses excuses pour les victimes «non-combattantes» de ses attentats.
21 septembre : A l'assemblée générale des délégués du parti unioniste, David Trimble, sous la pression de la frange dure du parti, annonce qu'il quittera le gouvernement en janvier 2003 si l'IRA n'a pas totalement démantelé son arsenal et ses structures d'ici là.
4 octobre : La police perquisitionne les bureaux du Sinn Fein, à l'Assemblée de Stormont. 4 militants de l'aile politique de l'IRA sont arrêtés. Ils sont inculpés quelques jours plus tard de «possession d'informations utilisables par des terroristes».
9 octobre : David Trimble lance un nouvel ultimatum à Tony Blair. Le chef protestant donne jusqu'au 15 octobre à Londres pour exclure le Sinn Fein du gouvernement, faute de quoi il démissionnera à nouveau.
14 octobre : Le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, John Reid, annonce le retour de l'administration directe de l'Irlande du Nord par Londres.
19 octobre: L'IRA rejette les «demandes irréalisables» de dissolution du groupe.
2003
26 novembre : Les extrêmes des deux côtés arrivent en tête aux élections à l'Assemblée nord-irlandaise: les Démocrates unionistes (DUP) de Ian Paisley remportent le scrutin, tandis que le Sinn Fein devient le premier parti catholique d'Irlande du Nord.
2004
9 décembre : Les négociations pour la relance du processus de paix se soldent par un échec. Elles ont achoppé sur le refus de l'IRA d'accepter que soient prises des photographies du démantèlement de son arsenal.
20 décembre : Plus de 26 millions de livres (environ 38 millions d'euros) sont dérobés à la Northern Bank à Belfast, un hold-up attribué par Londres et Dublin à l'IRA.
2005
31 janvier : Le catholique Robert McCartney meurt poignardé par des éléments incontrôlés de l'IRA. La famille affirme que des militants de l'IRA ont détruit les preuves et intimidé les témoins, les empêchant d'aller trouver la police.
2 février : L’IRA fait part de sa décision de ne pas poursuivre le démantèlement de ses arsenaux.
6 avril : Dans le cadre de la campagne pour les législatives britanniques du 5 mai, Gerry Adams lance un «appel personnel» à l’IRA, pour qu’elle prenne la décision «historique» de se tourner résolument vers le combat politique, afin de «reconstruire le processus de paix».
5 mai : Les radicaux progressent à l'occasion les élections législatives, le Sinn Fein et le Democratic Unionist Party (DUP). Battu dans sa circonscription, David Trimble annonce son retrait de la vie politique.
28 juillet : L'IRA annonce la fin de la lutte armée et son intention de poursuivre son objectif de réunification de l'Irlande par des voies démocratiques.
26 septembre : Le général John de Chastelain annonce que le désarmement de l'IRA est achevé.
8 décembre : Trois hommes du Sinn Fein accusés d'espionnage à l'Assemblée de Stormont en octobre 2002 sont innocentés des charges pesant contre eux. Cette affaire avait entrainé la chute du gouvernement autonome.
16 décembre : Denis Donaldson, un membre influent du Sinn Fein, reconnaît être un agent de la Special Branch. Il sera retrouvé mort d’une balle dans la tête et la main droite tranchée, en avril 2006.
2006
6 avril : Les premiers ministres britannique et irlandais annoncent un plan pour relancer le processus de paix.
4 octobre : L’IRA est «désormais fermement engagée dans une stratégie politique, rejetant le terrorisme et les autres formes de crime», indique un rapport de la Commission indépendante de surveillance (IMC).
11 octobre : Les négociations reprennent entre loyalistes et républicains à Saint Andrews (Ecosse), pour tenter de relancer les institutions provinciales bloquées depuis 4 ans.
2007
28 janvier : Les délégués du Sinn Fein réunis en assemblée extraordinaire à Dublin reconnaissent la légitimité de la police et de la justice nord-irlandaise.
30 janvier: En ce jour du 35e anniversaire du "Bloody Sunday", Tony Blair et Bertie Ahern annoncent la tenue d'élections locales, qui visent à renouveler l'Assemblée nord-irlandaise, pour le 7 mars suivant.
(Sources : archives de grands quotidiens et magazines allemands et français – Frankfurter Rundschau, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel, L'Express)







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