Bob DylanChroniques, vol. 1
Editions Fayard, mai 2005
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre
324 pages / 20 €
A 64 ans, Bob Dylan, revient sur son passé avec une lucidité désarmante. De son arrivée à New York, tentaculaire et glacée, il livre les bribes d’une existence placée sous le signe de la vocation et de l’aventure. Jouant dans les clubs d’East Village, sombres et englués, côtoyant Moondog, poète aveugle au charme de viking, Woody Allen, débutant la scène avec des courts one man show, Théolonius Monk, figure emblématique de la musique, Bob Dylan ne cesse de croire en sa bonne étoile, progressant sans cesse. Assoiffé, épris d’une curiosité intellectuelle dévorante, il se nourrit de littérature, piochant dans les bibliothèques de ses hôtes d’une nuit ou quelques jours. Les débuts sont difficiles ; une casquette recueille les quelques deniers qui lui permettront de tenir jusqu’au lendemain. Pourtant, il reste animé d’une indéfectible confiance en l’avenir malgré les barrages.
Bob Dylan signe avec Columbia, son premier contrat alors que le folk est considéré comme "un genre mineur, médiocre, réservé aux seuls petits labels " et prend peu à peu son envol pour atteindre les contours de l’icône qu’il est devenu.
Le récit non linéaire est empaqueté dans des flash backs, construit simplement et de manière sensible. Les souvenirs d’enfance, l’anticipation des épisodes futurs viennent éclairer les événements de son existence. Dylan, clairvoyant, étonnant de sincérité et de poésie, signe, d’une merveilleuse plume, sa destinée. Croquant une jeunesse mythique, au cœur d’une époque dynamique mue par la musique, aucune nostalgie ne se fait sentir, mais seulement un optimisme martelant le récit. Pour les fans de Dylan, ces " chroniques " sont un incontournable, mais la force de ce récit dépasse le cercle restreint des admirateurs pour prendre un essor mérité.
Les balades du musicien sont rappelées dans le rythme des textes et le phrasé devient celui d’un écrivain. C’est prenant, écrit comme un roman, envoûtant comme un journal. Derrière, pointent les restes du rêve américain, les prémisses d’une réussite flagrante, des rencontres décisives teintées de la magie du hasard, marquant une vie et une carrière hors norme.
Alexandra Morardet






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