Cela faisait quelque temps déjà que le genre fantastique avait besoin de sang frais. A Gérardmer, on a donc rangé vampires, loups-garous et autres créatures féroces au placard. Car cette année : l'horreur est humaine comme l'explique Bruno Barde, le directeur du festival : "avant, le fantastique, c'était souvent un rêve, de l'onirisme, de l'impossible, du niveau du cauchemar. Aujourd'hui le fantastique, c'est le quotidien, c'est-à-dire vous sortez de chez vous et il peut se passer quelque chose d'abject, d'horrible, d'affreux, d'invraisemblable, de surnaturel parce qu'on est dans un monde qui perd ses références, or une des principales références c'est la famille !" Une famille omniprésente ! Comme dans "Die Tür", "la Porte", de l'allemand Anno Saul, Grand Prix cette année : un homme se voit offrir une seconde chance : celle de retourner dans le passé et de sauver sa fille.
Dans « Hierro » de l'Espagnol Gabe Ibanez, une mère tente de retrouver son fils mystérieusement disparu. Deux films à la lisière du fantastique. Peu d"effets mais du psychodrame à volonté et la peur de perdre l'être cher.
"Les frontières sont très ténues" explique Bruno Barde "à quel moment la disparition d"un enfant est-elle une chose objectivement réaliste ou à quel moment la disparition d'un enfant est-elle une chose fantastique ? Elle est une chose fantastique quand il n'y a pas d'explication". Mais à trop vouloir verser dans le réalisme, les films en deviendraient presque trop sages et visuellement assez ordinaires, un comble pour le fantastique Heureusement, il y a « Amer », hommage au Giallo, films policiers-fantastiques italiens des années 70. Ici, l'intrigue est secondaire, pas d'enquête mais plutôt une quête de sa propre identité. Bruno Forzani, le co-réalisateur du film précise : "Le code devient un langage. Nous, la thématique de notre film c'est le désir, la découverte de la sexualité et on a pris la substance du Giallo avec cette relation Eros-Thanatos, la tension sexuelle et le suspens : on a utilisé ces codes là pour parler de la découverte du désir, de la sensualité et de la sexualité d'une femme". Dans le fantastique, quelles que soient les thématiques, quels que soient les codes, il est une règle quasi immuable : ce sont les hommes qui sévissent et les femmes qui faiblissent !
Palmarès 2010 du Festival du Film Fantastique de Gérardmer
Le jury longs métrages de la 17ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, présidé par John McTiernan et composé de Valérie Benguigui, Douglas Buck, Stanislas Merhar, David Moreau, Xavier Palud, Anne Parillaud, Linh-Dan Pham et Florent Emilio Siri a remis les prix suivants :
Grand prix : The Door (Die Tür) de Anno SAUL (Allemagne)
Prix du Jury : Moon de Duncan JONES (Royaume-Uni)
Prix du Jury Jeunes : Possessed (Bulshin Jiok) de LEE Yong-ju (Corée du sud)
Prix du public jeunes : 51 rue des Ormes (5150 Elm's way) de Eric TESSIER (Canada)
Prix du Jury SYFY Universal : La Horde de/by Yannick DAHAN & Benjamin ROCHER (France)







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