Compétition officielle
La conférence de presse (Real Video)
Synopsis : « Cinq fois deux », ou cinq moments de la vie de deux personnes, aujourd’hui : Marion (Valeria Bruni-Tedeschi) et Gilles (Stéphane Freiss). Cinq étapes qui vont décider du sort de leur couple, mais qui sont présentés dans une chronologie inversée : le divorce, un dîner à leur domicile en compagnie de Christophe (Antoine Chappey), le frère de Gilles, et de son nouveau petit ami, la naissance de leur fils, où Gilles ne se décide pas à aller rendre visite à sa femme qui vient d’accoucher, leur mariage et enfin leur rencontre, dans un club de vacances.
Critique : A ceux qui se trouvaient indisposés par les deux précédents films de François Ozon, « Huit femmes » et son dispositif voyant (chansons, intrigues, chansons, intrigues, répétées ad nauseum), puis « Swimming Pool » et son scénario bancal (une mise en abyme attendue de l’aventure d’une écrivain en vacances et du roman qu’elle s’apprête à rédiger), « Cinq fois deux » permet une sorte de réconciliation avec l’auteur. Si, à première vue, le dispositif à rebours choisi par Ozon semble à nouveau malin ou ostentatoire (était-il besoin de le souligner par une scène d’ouverture où Gilles éprouve le besoin subit de prendre violemment sa femme par derrière, comme pour tenter de revenir vers un cycle qu’il sait révolu ?), le réalisateur signe-là l’un de ses films les moins artificiels.
Simple comme bonjour (ou comme la vie en morceaux d’un couple d’aujourd’hui), et tout aussi simplement dramatique, le film fonctionne très bien sur cette vue inversée de leurs parcours, permettant de constater ce qui, à chaque fois, a jeté l’anathème sur leur relation, jusqu’à la rupture. Ozon se contente d’apporter un petit contrepoint au désarroi ambiant par l’utilisation de chansons de variétés italiennes qui, au lieu de tempérer le drame, le rendent souvent plus aiguë. C’est précisément ce qui nous a toujours convenu chez lui : l’art de nous captiver avec des recettes que l’on pensaient usées jusqu’à la corde et trouver des sujets qui, s’ils semblent tout justes bon pour alimenter les émissions de télé-réalité, continuent de fonctionner auprès d’un public que l’on voudrait estimer plus exigeant. Sans oublier une science du casting qui consiste à trouver un comédien oublié du grand écran (Stéphane Freiss) pour lui offrir le rôle de sa carrière, ce qui en accentue encore l’effet. Du cinéma plus malin que brillant, mais auquel on ne peut, une nouvelle fois, s’empêcher d’adhérer.
Julien Welter
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Cinq fois deux
De François Ozon
(France, 2004, 1h30)
Avec Valeria Bruni-Tedeschi, Stéphane Freiss, Géraldine Pailhas






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