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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

Actualité DVD - 25/10/06

Coffret Luc Moullet

Une rétrospective du plus sportif et du plus drôle des cinéastes de la Nouvelle Vague.

ailleurs sur le web

De Luc Moullet
(1966-1993, France, 8h20)
Avec Luc Moullet, Claude Melki, Jean-Pierre Léaud…

4 DVD Blaq Out


Synopsis : Réunion de six films de Luc Moullet, ex rédacteur aux Cahiers du Cinéma devenu cinéaste atypique, mais auteur d’une œuvre cohérente et tournée vers les différents formats, des courts qui en disent long aux longs qui évitent de tourner court. « Brigitte et Brigitte » (1966), « Les Contrebandières » (1967), « Une aventure de Billy le Kid » (1971), « Anatomie d’un rapport » (1976), « Genèse d’un repas » (1978) et « Parpaillon » (1993) rejoignent « La Comédie du travail » (1986), édité séparément par Blaq Out.

Critique : Jean Douchet dit à bon escient de Luc Moullet « Il est drôle dans le sens où l'on dit un drôle de bonhomme ou un drôle de raisonnement. Il n’y a pas chez lui de belles images, ni d'effets de caméra ostentatoires. Au plus simple, au plus vite, au plus droit pour voir ce qu'il y a à dire ». Effectivement, il y a incontestablement un système Moullet, quand bien même le budget de production ferait défaut, et ce fut souvent le cas dans sa longue carrière : « Je suis burlesque à force d’être démuni et je pense qu’il n’y a de vrai comique que sur des sujets sérieux ». Dans « Genèse d’un repas », le cinéaste le plus drôlement professoral de la Nouvelle Vague peut disséquer son terne déjeuner (thon, œuf) pour en remonter la filière alimentaire et la chaîne économique, jusqu’au tiers-monde. Il en va de même pour des sujets aussi différents que la panade sexuelle d’un couple (« Anatomie d’un rapport ») et l’arrivée à Paris de deux jeunes étudiantes presque siamoises (« Brigitte et Brigitte »). En une succession de tentatives, Moullet conduit souvent une expérience banale et quotidienne vers la parodie critique des habitudes sociétales, assortie d’une rigueur aussi méthodique que dégénérée, pour parvenir à des échappées finalement situées au-delà du loufoque. Les vieux ressorts comiques (maladresse, effet de répétition et de surenchère) sont traités avec un sérieux pince-sans-rire, transcendé par un sens tout particulier de la folie douce.

Pourtant, dans l’épuisement d’une seule idée originale par projet (les déambulations absurdes de Jean-Pierre Léaud dans « Une aventure de Billy le Kid », et uniquement cela) tout n’est pas si exclusivement drôle, ou si exclusivement désespéré quand Moullet évoque l’impasse de son couple dans « Anatomie d’un rapport ». Chez lui, la nature du problème catalyse les ressources réflexives de l’homme, au lieu de flatter sa tendance à l’affliction. Le danger pour le protagoniste devient aussi le vecteur de son imagination, du moins il entraîne une forme de questionnement. S’il ne réussit que rarement à triompher de son problème et malgré son pathétique dans l’acharnement, l’insistance du « sujet » Moullet à ne pas être traité comme du mou de veau est assez salutaire. Ce qui serait aussi symbole de pure jouissance ou de performance exclusivement physique (le repas, le sexe, le sport avec « Parpaillon ») est devenu le fruit d’un apprentissage, véritable comédie de l’enquête autant que sociologie de la comédie.

  • Les Bonus : Ce florilège de six films est accompagné du moyen métrage de fiction « Les sièges de l’Alcazar » (1989) et d’un documentaire consacré à Moullet, « L’Homme des Roubines » de Gérard Courant (2001). Le premier cerne le petit monde cinéphile parisien des années cinquante, de la figure du clochard de cinémathèque au critique sociopathe, pour nous venger de toute idéalisation rétro : journalistes grimés en sosies faillibles de leurs idoles hollywoodiennes, logique de l’exploitation ramenée à d’insalubres salles de quartier et projection de films raccourcis afin d’augmenter les séances… Au-delà de la blague pour initiés, le propos est, comme toujours avec Moullet, brillamment exhaustif pour qui voudrait se faire une idée du microcosme de la critique de cinéma, d’une hygiène précaire caractéristique aux préciosités ridicules qui n’appartiennent qu’à elle. « L’Homme des Roubine » est quand à lui un portrait in situ, filmé dans les Alpes du sud, ce Finistère noir où Moullet tourne, réside et dont il s’inspire. Goguenard et assez fier des facéties acrobatiques qui ont rythmé plusieurs tournages au beau milieu d’un environnement indompté, ce vélocipédiste confirmé soutient que : « le vélo, c’est la culture. La voiture, c’est la barbarie ». On ne saurait lui donner tort.

Julien Welter

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Coffret Luc Moullet
(1966-1993, France, 8h20)
Avec Luc Moullet, Claude Melki, Jean-Pierre Léaud…
4 DVD Blaq Out
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Edité le : 24-10-06
Dernière mise à jour le : 25-10-06