[The User] reprennent cet élément dans leurs installations et y ajoutent les oppositions simplicité/complexité et conformité/autonomie.
Le réveil permet de mesurer le temps : à une époque, l'horloge portative était l'une des technologies les plus avancées et symbolisait le pouvoir sur la terre mais surtout sur les mers puisqu’elle permettait une meilleure navigation. De nos jours, ces horloges portatives sont fabriquées à la chaîne pour quelques centimes en Chine. Le temps est devenu "atomique" et reste étroitement lié aux technologies militaires. Il est également lié aux notions de convention, standardisation et relativité, dont se jouent les artistes dans ces deux pièces.
Dans la première installation, "Coincidence Engine One: Universal People's Republic Time", les artistes ont installé 1226 réveils côté à côte. L'accumulation de ces réveils et leurs différences sonores crée une sorte de vague d'autant mieux perçue qu'ils sont placés de façon à entourer le visiteur. Bien qu'au moment de l'installation, tous les réveils aient été mis à la même heure, ils ont néanmoins des sons différents, plus ou moins forts, et se désynchronisent progressivement. Cet ensemble de paramètres produit une composition non contrôlée, assez proche des dispositifs de Ligeti . Une des seules différences majeures est la durée, alors que la performance des métronomes durait une vingtaine de minutes, la durée de l’installation de [The User] peut elle s’étendre à 8 mois en fonction de la durée de vie des piles. Le sous-titre de l'installation renvoie au lieu de fabrication de ces réveils à bas prix et aux conditions de vie désastreuses des travailleurs chinois qui les fabriquent.
Le deuxième volet "Coincidence Engine Two: Approximate Demarcator of Constellations in Other Cosmos" est également une composition à base de réveils qui sont cette fois-ci mis en réseau et contrôlés par un programme spécialement élaboré par les artistes. L’ordinateur et les 96 réveils en réseau sont encapsulés dans un objet rectangulaire. Ce rectangle est posé au mur au fond d'une grande salle, pour pouvoir le découvrir petit à petit. Chacun des 96 réveils dispose de son propre amplificateur, ce qui permet d'entendre chaque battement de chaque réveil et de percevoir les mouvements sonores de la composition quand on s'approche de l'oeuvre.
Les artistes appellent des "auxels" (de manière similaire au pixel pour l'image) les plus petits éléments sonores que sont le réveil, son microphone et son enceinte. Une led sur chaque réveil s'allume lorsque son aiguille bouge, ajoutant à la composition sonore une dimension visuelle. Le temps cette fois ci n'est pas abandonné aux réveils en série mais est directement synchronisé par les artistes.
Les deux artistes travaillent actuellement à un troisième volet de la série "Coincidence Engine" en prenant cette fois-ci le métronome comme matière, ils sont en train de concevoir des métronomes augmentés activés par des petits moteurs afin de créer une nouvelle composition.






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