De Milton Moses Ginsberg(USA, 1969, 1h30)
Avec Rip Torn, Sally Kirkland, Viveca Lindfors
Un DVD MK2
Synopsis : Joe Glazer, psychanalyste new-yorkais, a dissimulé, dans son appartement moderne situé au cœur de Manhattan, une caméra grâce à laquelle il enregistre ses rendez-vous féminins. Qu’ils soient professionnels ou privés, ils s’orientent immanquablement vers un jeu de séduction ayant pour but la quête du plaisir et la consommation du sexe. Manipulant la fragilité et les besoins de toutes ces femmes - patientes, maîtresses, voisines, passantes, conquêtes d'un jour - , il constate peu à peu que ce vide existentiel dans lequel il se complaît le mène vers le chaos et la déchéance psychologique…
Critique : Original pour l’époque, popularisé puis ringardisé par la télévision des années 1970/80 pour revenir sur le devant de la scène grâce aux programmes très médiatisés de télé-réalité, le principe de la caméra cachée, particulièrement ostentatoire dans « Coming Apart », ne doit pas masquer l’intérêt réel du film, celui d’une radiographie cinglante de son époque, la fin des années 1960. Construit comme un bout à bout des images accumulées par Joe Glazer, personnage contemporain dissimulé sous le pseudonyme de Mr Glassman (l’homme miroir ?), le film met en avant le principe du plan séquence (la caméra, fixée dans une cachette, se contente d’enregistrer la scène) et l’émiettement de son récit (les coupes sont conservées à l’image, qu’elles résultent de la fin du magasin de pellicule ou de la décision de Glazer, double du réalisateur, de se censurer, ne supportant sans doute plus le pathétique des situations).Ce principe de cinéma vérité, typique du courant avant-gardiste new-yorkais des 60’s, est bien sûr daté. Pour autant, Milton Moses Ginsberg, cinéaste rigoureux (chaque scène fut écrite à la virgule près, et longuement répétée), fait preuve d’invention en développant chaque plan-séquence, donnant par-là même le temps aux comédiens de trouver, comme au théâtre, la bonne respiration. Le hors-champ, de même que les objets domestiques composant le plan, ont leur importance.Le canapé ou le fauteuil de l’appartement acquièrent même au fur et à mesure une présence plus grande que celle de Joe Glazer, mâle dont la personnalité en berne lui donne peu à peu l’allure d’un fantôme. Réalisé en 1969, « Coming Apart » préfigure une désillusion qui deviendra l’un des thèmes essentiels du cinéma américain des années 1970.
- Les Bonus : « Coming Apart », sorti à l’époque de manière furtive, car considéré comme un œuvre quasi pornographique, est demeuré le seul film réalisé pour le cinéma par Milton Moses Ginsberg. Pour autant, ce dernier n’a pas cessé ses activités, en particulier ses ruminations, inspirées notamment de Dostoïevski. « The City Below The Line », un essai vidéo de trente minutes, réalisé en 1999 et présent en bonus DVD, montre qu’il est parfois difficile de se débarrasser de ses obsessions. On y retrouve un homme seul (Ginsberg lui-même) et une caméra dissimulée, quand le film se compose d’un échec amoureux et d’une réflexion sur la déliquescence de la société moderne. Le deuxième bonus, « Cominga part 2 », n’est pas seulement un jeu de mot, mais un documentaire sur la résurrection de « Coming Apart » et ses nombreuses présentations dans les festivals de film, où il apparaît évident que les observations de Ginsberg continuent de parler à une nouvelle génération de spectateurs.
Julien Welter
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Coming Apart
De Milton Moses Ginsberg
(USA, 1969, 1h30)
Avec Rip Torn, Sally Kirkland, Viveca Lindfors
Un DVD MK2






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