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| Julianne Moore et Mark Ruffalo |
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La météo a prévu des nuages ces prochains jours. Pourtant, hier encore le ciel bleu dominait. Nous étions sots : la météo est cinéphile. Elle parlait bien entendu de l’ouverture du 61ème Festival du Film, qui prend la résonance d’un contrecoup au scintillement de l’an passé. L’apocalyptique «
Blindness » de Fernando Meirelles ouvre les offensives et la Compétition, par la succession de ses théories alarmistes basées sur la propagation d’un virus et la déportation des populations atteintes dans les camps de concentration. «
Waltz With Bashir » d’Ari Folman lui emboîte le pas. Ce projet qui associe le film d’animation au genre documentaire évoque les massacres de Sabra et Chatila. A la Quinzaine des Réalisateurs, Jerzy Skolimowski est de retour et présente «
Quatre nuit avec Anna », peut-être son film le moins exubérant, situé au cœur d’une Pologne rurale gangrenée par la brutalité et la solitude.

Si vous n’avez pas compris, sachez que La Semaine de la Critique débute avec «
Les sept jours » de Ronit et Shlomi Elkabetz. Dans ce huit clos, une famille de Tel-aviv s’apprête à sacrifier au rituel funéraire et veille l’un des siens avant son inhumation. Au dehors, les skuds irakiens s’abattent sur les habitations, au-dedans, frères, sœurs et cousins s’entredéchirent et s’invectivent, tassés les uns contre les autres comme s’il se trouvaient en permanence dans un abri. Météorologues frustrés, les organisateurs cannois voudraient administrer aux festivaliers l’équivalent d’une douche froide qu’ils ne s’y prendraient pas mieux. Peut-être souhaitent-ils que le cinéma soit définitivement en phase avec la situation géopolitique actuelle. Nous voilà prévenus.
Julien Welter