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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 6 mai 2009 - 25/05/09

Commis d’office

Un polar français truculent, dans les arcanes du Palais de Justice de Paris.

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Commis d’office
De Hannelore Cayre
(2008, France, 1h28)
Avec Roschy Zem, Jean-Philippe Ecoffey, Sophie Guillemin…
Une coproduction ARTE

Synopsis : A 40 ans, Antoine Lahoud (Roschy Zem) est un avocat pénaliste enthousiaste mais déçu par son milieu professionnel. Il traîne son âme de bon samaritain de commissions d’office en dossiers minables. C’est à l'occasion d’une plaidoirie qu’il est remarqué par un avocat à la réputation sulfureuse. Ce dernier l’engage afin d’assurer la défense de plusieurs truands et lui fait goûter aux fruits de la prospérité…

Critique : Dédié aux « tôliers du pénal », ce premier long métrage d’une avocate de formation, qui adapte de surcroît l’un de ses romans, prend pour héros contrarié un avocat parmi ceux qui portent assistance aux prévenus dépourvus des moyens de rémunérer un défenseur. A l’aide d’un budget restreint, Hannelore Cayre ne perd pas de temps à filmer les joutes oratoires tenues à huit clos, ni même à quadriller le Palais de Justice de Paris sur l’Ile de la Cité, où elle a manifestement eu le privilège de tourner. Elle se focalise sur ce en direction de quoi Raymond Depardon avait également porté son intérêt et sa caméra dans « 10ème chambre, instants d’audience » (2004) : le spectacle de la Justice plutôt que la Justice elle-même, son aspect rafistolé, parfois drôle, parfois pathétique.

La justice devient le sujet d’une fiction aucunement solennelle dont le ton revêt moins la robe noire que l’aspect truculent d’un genre particulier : le polar français et gouailleur des années 1980. Hannelore Cayre s’amuse du sexisme du milieu juridique où elle évolue, et enjoint Jean-Philippe Ecoffey à se lâcher comme jamais, une posture tout à fait dans les cordes de ce comédien suisse légendairement emporté. Décrit comme un avocat ripoux, qui se gave au propre comme au figuré, Ecoffey est même filmé en train d’avaler gloutonnement une salade dans un restaurant très cher, tout en continuant sa discussion la bouche ouverte. Les grosses berlines, les filles qu’on achète, les beaux costumes de mafieux sur les épaules des représentants d’une profession libérale et hautement concurrentielle : le barreau renvoie autant au Dalloz qu’aux cigares de prix dans cette franche comédie, portée par Roschy Zem, tout simplement l’un des meilleurs acteurs français du moment. En pénaliste de seconde zone, il opère avec une évidence déconcertante la jonction du travail de comédien et celui d’avocat : il est foncièrement convaincant.
Julien Welter


Edité le : 04-05-09
Dernière mise à jour le : 25-05-09