20h40 - Des médecins formidables
Aujourd’hui en France, il y a une crise de la médecine. De nombreuses régions deviennent des « no man’s land médicaux ». C’est une catastrophe, tant humaine que financière. Ainsi, en 2003, à Saint Amand, Michel Serin se retrouve seul généraliste pour plus de 4000 habitants. Un drame. Pour lui. Pour les patients. Il a alors une idée de bon sens mais qui va se révéler exceptionnelle. Il décide de créer un lieu où des médecins généralistes et des professionnels de santé travaillent ensemble, main dans la main, et sur un pied d’égalité. Il prend son bâton de pèlerin et se met en quête de partenaires. De Christophe Jarny, un autre généraliste, en passant par Luce Duysens, la kiné, Marie-Françoise Méthais, l’infirmière jusqu’à Karine Pinot, la sage femme, au total ils seront 14. Ensemble, en 2005, ils ouvrent la première Maison de santé de France. Cette incroyable initiative collective va créer un véritable tsunami dans le monde de la santé. « Des médecins formidables » racontent la vie de Michel, Christophe, Luce, Marie-Françoise, Karine et les autres à la maison de santé amandinoise.
Aujourd’hui, 6 ans plus tard, il y a plus de 110 maisons de santé en France. Elles sont une vraie réponse à la crise. Elles ont remis au gout du jour une médecine humaniste et indispensable. Le médecin comme on le rêve et qui était en train de disparaître. Adaptées et adaptables aux besoins des régions, en France, en Allemagne et dans toute l’Europe, ces maisons se multiplient. Une révolution du système de soin est en marche.
Le film, tout en sensibilité, n’occulte la difficulté ni de la profession (on voit un Michel Serin, médecin généraliste, en sueur, faire une consultation téléphonique en urgence), ni de la maladie (ainsi Pierre, un hémiplégique est filmé au plus prés de son handicap et de sa maladie). Certaines séquences sont particulièrement poignantes. Comme celle où Luce Duysens, la kiné, va aider Julia à marcher. Atteinte d’une maladie dégénérative des nerfs, Julia est condamnée. Mais, Luce l’accompagnera jusqu’au bout. Parce que même un pas devient un acte de vie. C’est peut être ça, le sacerdoce du médecin. Il y a aussi Marie Françoise Méthais l’infirmière pétroleuse qui sillonne les routes pour visiter chez eux les patients. Et Karine Pinot, la sage femme, qui donne des cours d’éducation sexuelle au collège et n’hésite pas à sortir le pénis en plâtre et le préservatif.
« Des médecins formidables » est un film humain, où les médecins et les patients, sont tous attachants, où on les voit se côtoyer, être en prise avec la maladie, la mort, la vie sous nos yeux, sans fioritures. Et qui, sans en avoir l’air, souligne l’importance de cette médecine dite de proximité.
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Documentaire de Sandrine Cohen
Coproduction : ARTE France, Doc en Stock (2011, 52mn)
>> Regarder des extraits de ce programme
>> Ce programme sera disponible sur ARTE+7
21h35 - Mon médecin va craquer
Des patients qui font la queue dans l’escalier de leur médecin, des médecins épuisés, des malades expédiés en quelques minutes, des médecins obligés de mentir à la sécurité sociale car ils travaillent trop… Ce film est une plongée étonnante dans le quotidien de généralistes au bord de la crise de nerfs. En effet, à Berlin, comme à Paris, dans certains quartiers, la pénurie de médecins guette.
Ophtalmologistes, pneumologues, dermatologistes, radiologues : les spécialistes ont été les premiers à quitter les zones périphériques, peu fortunées.
Ils ont migré vers le centre et les beaux quartiers. Avec à la clé : une clientèle plus aisée, un meilleur chiffre d’affaire, et des conditions de travail apparemment meilleures que dans les quartiers déshérités. Et les généralistes n’ont pas tardé à suivre le mouvement.
Aujourd’hui, à Berlin, les quartiers dans le rouge s’appellent Neukölln, Marzahn-Hellesdorf, Treptow. Des quartiers pauvres, des quartiers de retraités, des quartiers de l’est ou à forte majorité immigrée, dans lesquels la misère sociale gagne du terrain. Ici, les cabinets ferment, parfois du jour au lendemain. Les pédiatres se comptent sur les doigts d’une main. Et un rendez-vous chez le radiologue se prévoit 6 mois à l’avance !
Et les médecins qui partent en retraite ont bien du mal à revendre leur cabinet : les jeunes recrues sont loin de se bousculer au portillon, de moins en moins tentées par l’aventure médicale en cabinet, dans un quartier difficile. Tous n’ont pourtant pas baissé les bras. Certains médecins ont fait le choix, coûte que coûte, de rester dans « leur » quartier. Seule blouse blanche face à leurs patients, ce sont des « irréductibles», qui résistent encore et toujours.
De Marzahn à Neukölln, ce film raconte le quotidien de ces médecins généralistes, frappés de plein fouet par le départ de leurs collègues.
Il raconte leur quotidien : des salles d’attente bondées, des patients qu’on est obligé de renvoyer faute de temps, une insécurité grandissante dans l’exercice de leur métier, le tout pour un salaire et une reconnaissance de moins en moins attractifs.
Médecin généraliste en ville : une profession sur la sellette ?
A l’heure où les jeunes médecins délaissent cette profession libérale et s’installent de plus en plus souvent en maison médicalisée, à l’heure où la centralisation de l’offre de soins semble répondre à une exigence d’économie pour des systèmes de santé exsangue, doit-on y voir la fin d’une certaine médecine, proche de la vie des quartiers : la fin de la médecine de proximité ? A travers des séquences fortes et de beaux portraits ce film permet de dresser un portrait de la situation de la médecine en Allemagne.
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Documentaire d’Ana Kwak
Coproduction : ARTE France, Doc en Stock (2011, 26mn)
22h00 - Débat
Animé par Daniel Leconte (15 mn)Invités : Luc Perino (médecin généraliste et écrivain), Dr. Ferdinand Gerlach (Directeur de l'Institut de Médecine générale de Francfort).
>> Ce programme sera disponible sur ARTE+7







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