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03/01/05

Les territoires autonomes palestiniens

Ils se présentent sur la carte comme des îlots séparés par des colonies israéliennes. Le processus de paix enclenché au Proche-Orient a donné aux Palestiniens une certaine autonomie – mais la violence qui fait rage depuis des années a repoussé dans un lointain futur le rêve de la population : un Etat palestinien.

Les « territoires »
Ils se composent de la Cisjordanie, sur la rive ouest du Jourdain, et de la bande de Gaza. La Cisjordanie (West Bank en anglais) est longue de 130 km, sa largeur varie de 40 à 65 km. Au sud, elle s’étend jusqu’à la rive nord-ouest de la Mer morte. Gaza est une bande de terre qui longe sur 40 km le littoral méditerranéen.

Une certaine autonomie
Dans les années 90, le processus de paix devait aplanir la voie vers une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens, avec, dans sa phase ultime, la création d’un Etat palestinien. Avant l’accession à une souveraineté pleine et entière, l’autonomie de l’autorité palestinienne devait se faire en plusieurs étapes. A ce jour, seuls des pays arabes reconnaissent les territoires autonomes comme des Etats souverains.

C’est en 1994 qu’est mis en place un embryon d’autorité palestinienne à Gaza et à Jéricho. Un an plus tard, Palestiniens et Israéliens signent un accord sur la deuxième étape du processus. Ce texte prévoit la subdivision de la Cisjordanie en trois zones, la première, avec Djénine, Naplouse, Tulkarm, Qalqiliya, Ramallah et Bethléem, passant sous contrôle palestinien en décembre 1995.

Dans une deuxième zone, qui englobe 420 bourgades et villages palestiniens, une administration civile est mise en place, mais Israël garde la haute main sur la sécurité de cette région.

La zone la plus étendue (presque les trois quarts de la Cisjordanie si l’on prend en compte les colonies et les zones de protection militaires israéliennes), reste entièrement sous contrôle israélien.

Outres les ministères les plus importants pour l’instauration de l’Etat palestinien, l’économie, le commerce, l’industrie, la justice, l’emploi et les affaires sociales, de nombreuses administrations pour l’eau, l’énergie, la monnaie voient le jour, ainsi qu’une chaîne de radiodiffusion. Depuis début 1995, la Palestine édite ses propres timbres-poste et délivre ses passeports.

Restée en friche pendant des années, l’infrastructure a été remise en état petit à petit, avec la construction d’édifices publics, des écoles, des hôpitaux, ainsi que des instituts de recherche scientifique et technique. L’ouverture d’un aéroport international à Gaza en novembre 1998 a été une étape majeure. Le premier coup de pioche pour la construction d’un port maritime suivit une année après.

Tous ces efforts sont déployés dans l’objectif de créer et d’établir en Palestine des structures politiques et économiques indépendantes. Pour le gouvernement palestinien, l’enjeu majeur est le règlement équitable des questions qui n’avaient pas été incluses dans les négociations, comme le droit au retour des populations chassées de Palestine en 1948, le statut de Jérusalem, les colonies juives et le tracé définitif de la frontière.

L’Intifada
Les attentats-suicides perpétrés par des Palestiniens et les représailles israéliennes ont fait hoqueter le processus de paix dans les années 90. Une nouvelle vague de violence fut déclenchée en septembre 2000 par la visite de l’ancien général alors leader de l’opposition, Ariel Sharon, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Les actes de violence dans la ville, en Cisjordanie et à Gaza marquèrent le début de la seconde Intifada. En 2003, des troupes israéliennes marchent sur Gaza et pénètrent en Cisjordanie. Le gouvernement de l’Eta hébreu décide d’ériger une clôture de 720 km encerclant toute la Cisjordanie.

Une économie dévastée
Depuis le déclenchement de la seconde Intifada, l’économie du pays connaît une dramatique aggravation. Le taux de chômage dépasse les 30 %, nombre de Palestiniens n’ont accès à aucun soin médical. Selon des estimations d’ONG et de l’ONU, 60 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 2 euros par jour ; selon des sources palestiniennes, 16 % de la population ne dispose pas de moyens suffisants pour couvrir les besoins caloriques journaliers.

La Palestine en quelques chiffres

Population : 3,64 millions (estimation 2003)

Superficie : 6 170 km², Cisjordanie : 5 800 km², bande de Gaza : 365 km²

Chômage : 32,6 % (estimation 2004)

Taux de croissance (PNB) : -11,9 % (2003)

BNP par habitant : 1200 € (2003)

Langue officielle : arabe

Religions / Eglises : env. 97 % de musulmans (sunnites), env. 3 % chrétiennes

Sources : Palestinian Central Bureau of Statistics / Generaldirektion Palästinas in der Bundesrepublik Deutschland / Auswärtiges Amt / Banque mondiale

Edité le : 03-01-05
Dernière mise à jour le : 03-01-05