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L’image, c’est lorsqu’une série de traits griffonnés devient pour nos yeux papillon, plante, pot. Mais comment parvenons-nous à extraire du chaos des impressions sensibles l’intuition d’une forme ?

DIFFUSION DIMANCHE 28 juin 2009 À 12H30

Que signifie l’image pour nous, et comment a-t-elle accédé au rang de géante de notre société ? Comment se fait-il que le discours nous fasse voir ce qu’auparavant on ne voyait pas ?
L’image, loin d’être surface plate, ne serait-elle pas un récit ?
- Invité : Klaus Speidel
Après des études à l’Université de Munich, où Klaus Speidel s’est spécialisé en philosophie de l’art, il a été admis à la Sélection Internationale de l’École normale supérieure (ENS). Après y avoir complété sa formation par des études en histoire de l’art, il a commencé un travail de thèse qui porte sur les détails narratifs dans les images (peinture/photographie d'artiste).
Critique d’art (Art 21) et enseignant de philosophie à l’Université Paris IV, il poursuit également des recherches artistiques personnelles (photographie, dessin et, plus récemment, art d’installation et scénographie) qui contrebalancent et enrichissent son activité théorique. Il a publié des articles et des critiques d’expositions dans différentes revues et magazines.
Les grands thèmes de l'émission, citations de Klaus Speidel
- L'image devient image quand sa matière disparaît
"(...) c’est au moment où la matière va disparaître, on ne va plus voir le trait, que l’image deviendra réellement image en tant que quelque chose qui renvoie, qui nous fait voir, qui devient transparent comme disent certains…
"Nous ne voyons pas les choses elles-mêmes, mais nous voyons les étiquettes qu’on a posées sur elles". Henri Bergson (le rire).
- Les images qui essayent de cacher leur caractère d’image sont rares.
- Une image est à moitié donnée et à moitié fabriquée.
"D’un côté par son créateur, celui qui l’a peinte (...) et de l’autre côté par le spectateur qui va la compléter, qui va ajouter les parties qui manquent, ou qui va la compléter par un imaginaire…"
- Dans le dessin, il y a toujours quelque chose qui manque.
- L’image est produite à la fois par celui qui la regarde et celui qui la crée.
- Ce que montre l'image montre aussi ce qu’elle dissimule.
Exemple du tableau René Magritte, "La tentative de l'impossible".
- Le rêve de l’image religieuse, c’est de rendre présent ce qui est absent.
- La dissimulation peut être une façon d’exhiber quelque chose.
Exemple d'une photo de Claudia Schiffer à l'enterrement d'Yves Saint Laurent
"Imaginons que j’aie pleuré, par la faute de quelque incident dont l’autre ne s’est même pas rendu compte (…) et que pour que ça ne se voie pas, je mette des lunettes noires sur mes yeux embués (…). L’intention de ce geste est calculée : je veux garder le bénéfice moral du stoïcisme, de la "dignité", (…) et en même temps, contradictoirement, provoquer la question tendre ("Mais qu’as-tu ?") Roland Barthes, (Fragments d'un discours amoureux).
- Même dans une image ambivalente, on reconnaît une représentation.
Exemple : photo de Thomas Ruff, travail qui consiste à pixelliser les photos au maximum tout en invitant l'oeil à faire un travail complémentaire.
- Oublier la forme pour revenir à la matière.








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