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ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

De la philosophie, de la géopolitique, de l’histoire, de la jeunesse … autant de thèmes abordés cette année par ARTE Editions au Salon du Livre à travers des (...)

ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

Fabrice Lardreau - 01/04/04

Contretemps

Contretemps
Fabrice Lardreau
Editions Flammarion

18 € / 307 pages

« Joyce, Beckett, Céline, tous ces « génies » littéraires, ces auteurs, que vous dévorez depuis si longtemps, vous, les mangeurs de mots, les insatiables, vous délectant devant la devanture des libraires, léchant les couvertures ou à défaut les vitrines, vous qui plongez dans leurs histoires sans bouteille de survie, l’apnée totale, immersion narrative, vous ne savez pas tout, on vous a menti, ces auteurs que vous dévorez, ces génies dis-je, c’est moi. »

Sous l’impulsion d’une mère possessive, Albert Einstine, né le jour de la mort de son célèbre homonyme devient un physicien médiocre au CRESNH
Employé minable, envieux, il réussit à élaborer une machine à remonter le temps qui lui permet d’assouvir ses besoins de reconnaissance. Mais au lieu de sauver l’humanité, il contrecarre le cours de événements, en déviant la destinée des grands génies littéraires. Il s’attaque d’abord à Joyce, réécrivant « Ulysse » et empêche sa rencontre avec Nora, sa muse, détruisant ainsi toute velléité d’écrivain chez le géant irlandais qui devient un chanteur alcoolique.
L’acte commis, Albert Einstine est dans l’impossibilité de revenir à son époque. Il s’accommode de sa nouvelle vie à Dublin, et Paris grâce à la rencontre d’une jeune femme qui mettra tout en œuvre et surtout la fortune personnelle de son père, pour l’éditer, installant sa maison d’édition, passage de l ‘Odéon. L'auteur fait ici un petit clin d'oeil à Sylvia Beach.
La célébrité s’installe et douillettement, l’homme s’impose sur la scène littéraire, devient l’ami des personnalités de l’époque, Gaston Gallimard, H. G Wells, etc. Les années passent, et Albert Einstine, pantin de la littérature ramasse les lauriers du travail des autres, raflant au passage le Prix Nobel en 1928. Son besoin de reconnaissance est si impérieux qu’il en est le jouet ridicule.
Pour le petit gros huileux, imposteur notoire, l’avenir, pourtant, paraît s’assombrir, en la personne d’un jeune écrivain, Samuel Beckett, qui n’en est pas à son dernier mot.

« Contretemps » est un vrai régal, original, drôle, fantaisiste, à l’écriture un tantinet surannée. La plume dépeint un anti-héros, laid, idiot, pervers, orgueilleux, avec beaucoup de brio. Cette façon de revoir l’histoire littéraire à travers un imposteur est une trouvaille qui en étonnera plus d’un.

Alexandra Morardet

Du même auteur
Les draps de papier (1993)
Éditions Denoël
Une fuite ordinaire (1997)
Éditions Denoël
Les tirages flous ne sont pas facturés (1998)
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Quelqu'un marche là-haut (2000)
Éditions A. Sutton

Edité le : 17-05-04
Dernière mise à jour le : 01-04-04