Avec : Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara …
Synopsis : La vie et la mort du chanteur Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais des années 70 Joy Division. Dévoré par ses démons, tiraillé entre sa vie de famille, sa gloire naissante et son amour pour une autre femme, Ian Curtis s'est suicidé le 18 mai 1980 à la veille de la tournée américaine du groupe qui s’annonçait triomphale. Ian Curtis a changé le rock sans le vouloir, sans le savoir.
Sam Riley à propos de son rôle
Anton Corbijn à propos de son film
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Voir le sujet du Journal de la cultureCritique : À ses risques et périls, « Control » d'Anton Corbijn s’attaque à un mythe du "Rock’n Roll Suicide" pour lui donner chair et âme : Ian Curtis, le chanteur du groupe Joy Division devenu après sa mort New Order. Le film se cristallise autour de la vie de cet homme et ce cristal transparent, dur et glacé finit par se briser en son cœur comme les percussions de verre explosées de synthé d’Atmosphère. « Don’t walk away… in silence… ». Adapté des mémoires de Deborah Curtis « Touching from a distance », le récit résiste contre les ors mensongers de la légende, fidèle à cette clarté de la cold wave, ce son épuré et sidérant magnifié par ce groupe. L’exercice n’a pas l’abstraction dépressive du « Last Days » de Gus Van Sant sur Kurt Cobain, ni l’hallucination forcée d’Oliver Stone sur « The Doors ». D’un noir et blanc d’encre, l’image fait corps avec ce Manchester post-industriel, désaffecté de son rêve économique où poussèrent avec vigueur et dans une énergie volatile les mauvaises herbes les plus fascinantes du rock des années 80. Pour saisir ce moment, on ne pouvait pas rêver mieux qu’Anton Corbijn, ce photographe habitué des stars (U2 ou Depeche Mode), et grand réalisateur de vidéo-clips pour entre autre New Order, Nirvana, Coldplay, Red Hot Chili Peppers ou Johnny Cash …
En suivant le chemin de Ian Curtis sans l’embaumer, il aboutit à une modernité rageuse, sans concession, rendant hommage à l’exceptionnel parolier (allons jusqu’à "poète" sans peur) qu’il était (les chansons sont sous-titrées). Clinique parfois, dépouillé surtout, ce film, à l’instar de Buster Keaton, est beau comme une salle de bain, patiné par cette mélancolie de porcelaine du quotidien. Ian Curtis est incarné par Sam Riley (qui jouait Mark E Smith de The Fall dans « 24 Hour Party People »), troublant de ressemblance, consumé par un feu intérieur et poignardé par les compromis. En souffrance, il vécut deux martyrs simultanément : ses amours d’un côté, qui l’écartelent entre Annik et Debbie, sa femme ; une passion qu’il chanta comme s’il devait en mourir : « Love… Love will tear us apart. Again. » Et de l’autre côté, l’épilepsie, le mal du Prince de l’"Idiot" de Dostoïevski qui lui ressemblait tant, le transforme en esclave, assujetti aux crises et à un traitement médical aliénant. Le « Contrôle » a disparu. Sur un rythme de valse, la crise potentiellement mortelle succède à un calme angoissé jusqu’à la prochaine crise. Et cette épée de Damoclès le frappe parfois sur scène quand il est le plus à nu, le plus vulnérable. Anton Corbijn capte ici la genèse d'une musique toute de tension magnétique, d'ondes électriques et limpides, qui reste un modèle aujourd’hui pour une nouvelle génération de musiciens. Ce portrait est celui d’une personnalité hors du commun, de sa répulsion pour les miroirs trompeurs de la gloire, tiraillé entre deux amours le tiraillent jusqu’à le briser. Car, derrière cette déchirure brutale et définitive se dissimule le dernier des romantiques, un des plus désespérés sans doute. Le réalisateur résiste lui aussi à l’attraction de la légende et dénude de sa flamboyance ce mythe pour mieux lui rendre son essence, sa pureté.
Delphine Valloire






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Biopic radical d’une beauté dépouillée, Control retrace avec rigueur le parcours brisé de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division et rend hommage à son génie.
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