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Dossier Alfred Hitchcock

Petite mosaïque chronologique de la promenade américaine de maître Hitchcock dans les profondeurs de l’inconscient…

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Dossier Alfred Hitchcock

Petite mosaïque chronologique de la promenade américaine de maître Hitchcock dans les profondeurs de l’inconscient…

Dossier Alfred Hitchcock

Cycle Hitchcock - 30/10/09

Correspondant 17

Un film d’Alfred Hitchcock


Un journaliste américain s’envole pour l’Europe où il doit suivre au plus près les événements précurseurs de la Deuxième Guerre mondiale. Plus vite qu’il ne le voudrait, il se trouve mêlé à un dangereux complot...

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Un film d’Alfred Hitchcock
(USA 1940, 115 minutes)
Avec Joel McCrea, Laraine Day, Herbert Marshall, Albert Bassermann, Robert Benchley

Synopsis

Johnny Jones, reporter américain, est envoyé en Europe par son journal pour y recueillir des informations sur la Deuxième Guerre mondiale imminente. Là, il est le témoin direct d’un attentat contre un diplomate hollandais, Van Meer, qui a connaissance de clauses secrètes d’un traité qui pourraient empêcher la guerre d’éclater. Avec l’aide de Carol Fisher et de Scott ffolliott, Jones découvre qu’un sosie du diplomate a été assassiné et que le vrai Van Meer est retenu prisonnier dans un moulin. Carol Fisher est la fille de Stephen Fisher, président d’une organisation pacifiste. Mais les apparences sont trompeuses et le père de Carol se révèle être le chef de l’organisation nazie responsable de l’enlèvement de Van Meer. La Seconde Guerre mondiale éclate. Carol Fisher, son père et John Jones embarquent dans un avion en partance pour l’Amérique. L’avion est touché par une bombe...

Une débauche visuelle

Pour chacun pays où il situe l’action, Hitchcock s’est efforcé de trouver des lieux typiques afin d’en tirer des images inoubliables. C’est ainsi que la séquence majeure, visuellement, de « Correspondant 17 » se joue sans conteste dans la campagne hollandaise, où se trouve le moulin à vent dans lequel le diplomate Van Meer est retenu prisonnier ; dans une vaste plaine émaillée de moulins qui dégagent quelque chose de menaçant. Quand Johnny Jones remarque par hasard que les ailes d’un des moulins tournent dans l’autre sens pendant quelques minutes, il y voit un signal secret envoyé à un avion à hélice. Dans une autre scène importante, à Amsterdam, le diplomate Van Meer est victime d’un attentat. Des centaines de pacifistes rassemblés là malgré la pluie pour écouter le discours du Hollandais forment une marée de parapluies noirs. L’auteur de l’attentat – déguisé en photographe – disparaît dans cette marée humaine – image impressionnante de la foule où l’assassin peut disparaître anonymement.

Des acteurs de série B

Au début des années 1940 en Amérique, le film d’espionnage était considéré comme un genre mineur, tout juste bon pour les films de série B. Il en allait tout autrement en Europe. En dépit de ses succès internationaux, Hitchcock n’a pas réussi à obtenir pour « Correspondant 17 » les acteurs qu’il voulait. En fait, il voulait Gary Cooper pour le rôle du reporter américain Johnny Jones, mais celui-ci refusa. Quelque temps plus tard, Gary Cooper aurait dit après avoir vu le film : « J’ai vraiment été un idiot ». Joel McCrea, le deuxième choix d’Hitchcock, jouait selon lui « un peu trop mollement ». Le maître n’était pas non plus entièrement satisfait de son interprète féminine, Laraine Day – en fait, il voulait Barbara Stanwick ou Joan Fontaine, avec qui il tournera d’ailleurs la même année et avec succès « Rebecca », et un an plus tard « Soupçons ».

Des effets spéciaux de grande classe

Avant 1940, jamais on avait vu une scène comme celle où l’avion qui emmène les Fisher en Amérique s’abime en mer. Vu du cockpit, l’océan se rapproche de plus en plus jusqu’à ce que des masses d’eau pénètrent par les hublots. Comment avez-vous fait M. Hitchcock ? Les techniciens ont utilisé des images tournées dans un avion qui plonge vers l’océan et les ont projetées sur six minces feuilles en papier de riz représentant les hublots du cockpit. Au moment où l’avion percute l’eau, Hitchcock a appuyé sur un bouton qui a propulsé les masses d’eau sur les cloisons en papier de riz. Un effet aussi percutant que simple. Pour la scène suivante dans l’avion immergé, il a fait construire un immense bassin où le modèle réduit de l’avion se déplacer sur des rails.

Albert Bassermann et l'anneau d'Iffland

Autre particularité du film – le rôle d’Albert Bassermann, qui joue le diplomate hollandais Van Meer. En 1911, Friedrich Haase lui avait légué l’anneau d’Iffland, que Bassermann a porté jusqu’à sa disparition en 1954. Traditionnellement, celui qui porte l’anneau d’Iffland doit le léguer à sa mort à celui qu’il considère comme le meilleur acteur allemand. Bruno Ganz le porte depuis 1996. Hitchcock admirait énormément Bassermann. Celui-ci ne parlant pas un mot d’anglais, il a dû apprendre son rôle phonétiquement. Il faut croire qu’il y est parvenu à la perfection puisque son interprétation de Van Meer lui a valu d’être nommé aux Oscars du meilleur second rôle.

Fausse identité et faux-semblant

Le thème de la fausse identité et du faux-semblant est présent tout au long du film. Cela commence quand son journal annonce à Johnny Jones qu’il a besoin d’un nom plus crédible pour sa mission en Europe – et le rebaptise Huntley Haverstock. Carol Fisher ne dit pas tout de suite à Jones que le président de l’organisation pacifiste pour laquelle elle travaille n’est autre que son père, tandis qu’un collègue journaliste de Jones, Scott, écrit son nom de famille en minuscules et double certaines lettres. Il s’appelle « ffolliott » en hommage à un parent décédé. Le diplomate abattu est en fait un sosie, et même les moulins à vent ne sont pas de simples moulins dans ce film, puisqu’ils transmettent des messages secrets. Conjectures bizarres autour de phénomènes étranges, comme toujours dans l’univers d’Alfred Hitchcock. En Allemagne, le film, conçu comme un acte de propagande mais qui perd rapidement sa fonction initiale, n’est sorti en salle qu’en 1961, sous le titre Mord (Assassinat) et dans une version tronquée de 98 minutes. Les références à l’ennemi nazi y sont réduites à peau de chagrin. ARTE diffuse la version originale d’Alfred Hitchcock.

Nana A.T. Rebhan

Bande-annonce originale


Alfred Hitchcock à propos de "Correspondant 17"


La célèbre séquence des moulins


L'apparition d’Hitchcock

Correspondant 17
mercredi, 4 novembre 2009 à 14:45
Pas de rediffusion
(Etats-Unis, 1940, 120mn, VM)
ZDF

Edité le : 16-10-09
Dernière mise à jour le : 30-10-09