De Peter Jackson(Nouvelle-Zélande, 1995, 1h35)
Avec Kate Winslet, Melanie Lynksey, Sarah Peirse…
Un DVD Opening
Synopsis : Inspirés de faits réels survenus en Nouvelle-Zélande au début des années 1950, « Créatures célestes » évoque le destin dramatique de Juliet Hulme et Pauline Parker, deux lycéennes issues de milieux sociaux opposés. Unies par une amitié passionnée et amoureuse, les deux adolescentes se construisent un monde dominé par la fantaisie et leurs propres inventions, afin d’assurer à leur relation un caractère exclusif et d’en redoubler l’intensité. Dès le moment où leurs familles respectives entreprennent de jeter un regard strictement moraliste sur leur amitié, Juliet et Pauline en viennent à envisager les moyens les plus radicaux pour ne pas être séparées…
Critique : Le cinéma de Peter Jackson, qu’il se manifeste dans le genre de la superproduction (« King Kong ») ou celui du gore artisanal (« Bad Taste », son premier long métrage confectionné sur plusieurs années), a toujours revendiqué son goût pour une esthétique rétro et un réflexe de brocanteur. Son film le plus curieux demeure à ce sujet le documentaire « Forgotten Silver » (1995), une divagation basée sur la découverte des bobines retrouvées d’un génie supposé des débuts du cinéma, occulté et natif de Nouvelle-Zélande. « Créatures célestes » débute à son tour par un exposé conçu à partir d’images d’archives. Lui aussi se nourrit d’une relecture de l’histoire néo-zélandaise, devenue le prétexte à exhumer soupières et dentelles issues d’un vide grenier, tout en mélangeant les genres : les moues compassées du film en costumes britannique et les inventions farfelues du gore, d’où vient Peter Jackson et où il s’est illustré à ses débuts, jusqu’à se faire un nom. Les mouvements de caméra, incessants et obliques, sont autant le fruit de la recherche d’un lyrisme propre au romantisme du sujet qu’un hommage au décalage prononcé du genre fantastique, typique d’un cinéma dont les mauvaises manières deviennent le prétexte à l’invention.
Le conte et la chronique nostalgique, le fétichisme et l’outrance, le merveilleux et l’horrifique s’entremêlent dans une sarabande qui se nourrit aussi d’un genre prolifique au cinéma, celui attaché à ausculter de façon poétique la délinquance adolescente depuis « Les Amants de la nuit » de Nicholas Ray. Le succès de « Créatures célestes » conduira Peter Jackson à Hollywood, où il réalisera son film le plus attachant, « Fantômes contre fantômes » (1996) avant d’adapter l’interminable saga de Tolkien, en ambitionnant à chaque fois de négocier le grand écart entre académisme et trouvailles fantastiques. Plus qu’un tremplin vers la renommée mondiale, « Créatures célestes » renvoie à la marque de fabrique du cinéaste.
Les Bonus : Par un réflexe lui aussi nostalgique, une poussiéreuse bande-annonce en VF, datant de la sortie du film dans les salles françaises au printemps 1996 est présente en bonus sur cette édition. Elle nous rappelle combien l’absence du DVD et de son choix de langue inconnu des éditions VHS de base pourrait jeter l’anathème sur toute tentative de redécouverte d’une œuvre vue il y a dix ans, telle « Créatures célestes ». Si la filmographie de la désormais célèbre Kate Winslet démontre que sa carrière, lancée par le film de Peter Jackson, a justement langui plusieurs années dans le genre du film en costumes avant que ne survienne « Titanic » (autre film d’époque…), celle de sa partenaire Melanie Lynksey, inconnue et découverte par le cinéaste quelques jours avant le début du tournage, est loin d’être honteuse, incluant plusieurs teenage movies succulents (dont « But I’m a Cheerleader ») et le prochain Clint Eastwood, « Flag of our Fathers ».
Julien Welter
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Créatures célestes (DVD)
De Peter Jackson
(Nouvelle-Zélande, 1995, 1h35)
Avec Kate Winslet, Melanie Lynksey, Sarah Peirse…
Un DVD Opening






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Fantaisie néo-zélandaise et romantisme britannique se chevauchent au cours d’un film curieux, qui sortit Peter Jackson du giron de la série B.
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