
Interview de Christian Chavagneux, Rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques

Le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot rejette directement la mise sous perfusion de l’économie actuelle et souhaite « changer de logiciel ». Pour le très médiatique facteur de Neuilly, il faut augmenter les salaires, empêcher les licenciements et réunifier toutes les banques dans un seul et même pôle public. En clair, mieux répartir les richesses au sein de la communauté.
Les altermondialistes proposent, eux aussi, de nouveaux modèles de société. La mouvance englobe antilibéraux, souverainistes (prônant des mesures protectionnistes), écologistes, ou encore partisans de la décroissance. Tous regroupés autour du même slogan : « Un autre monde est possible ». Les plus virulents, tels José Bové, n’hésitent pas à faire usage de la force : on se souvient des destructions de champs d’OGM par des faucheurs volontaires, ou encore du saccage du restaurant McDonald’s de Millau en 1999. Des images qui marquent et disent la conviction de ces altermondialistes adeptes de la « désobéissance civile ».
Les Ecologie et échanges plus justes
Aujourd’hui, parmi les concepts dans l’air du temps issus de l’idéologie altermondialiste, on trouve bien sûr le développement durable et la lutte contre le changement climatique. Preuve en est par exemple des engagements pris lors du Grenelle de l’environnement en France, face aux organisations et divers partis écologistes, comme celui des Verts.
Au niveau européen, les Verts brassent large. Lors du récent rassemblement Europe-Ecologie pour préparer les élections européennes de 2009 autour de Daniel Cohn-Bendit, on a pu voir aussi bien l’altermondialiste José Bové et le président du Mouvement écologiste indépendant Antoine Waechter que l’ex-juge Eva Joly. Des personnalités réunies pour imaginer un nouveau modèle de société, fondé sur des valeurs de « justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites » avec « de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer » (cf. )
Autre concept en vogue : le commerce équitable. Acheter son café, son chocolat et même ses baskets équitables est à la mode. Dans les rayons des magasins, on nous dit qu’il faut instaurer plus de justice dans les échanges commerciaux nord-sud. Des idées défendues depuis des années par des associations comme Oxfam ou Artisans du Monde.
Les objecteurs de croissance
Plus radicaux, les partisans de la décroissance proposent de « sortir de l’économie », de repenser ses fondements et de vivre simplement en ne consommant et ne produisant que le nécessaire. Les « objecteurs de croissance », comme ils se plaisent à s’appeler, revendiquent l’héritage de l’économiste et mathématicien roumain Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), dont les travaux ont porté sur l’épuisement irrévocable des ressources et le concept de décroissance.
Car aujourd’hui, une chose est admise par la conscience collective : les ressources ne sont pas éternelles, il va falloir repenser notre manière de consommer.
Carine Feix







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