(France – Belgique – Liban, 2004, 1h30)
Avec Marianne Feghali, Rawia Elchab, Laudi Arbid
Synopsis : Au Liban, en 1983. Lina est une adolescente pour qui la guerre se situe moins dans les rues de Beyrouth, où elle réside, que dans sa famille. Celle-ci est déchirée par les querelles parentales opposant un père que son attitude virile et ses dettes au jeu privent de toute pondération et une mère hésitant sur la conduite à tenir, entre réprobation et pardon. Elle se lie pourtant d’amitié avec Siham, la bonne de sa tante, et l’accompagne, lors des multiples escapades de cette jeune femme plus aguerrie qu’elle. Mais leur relation ne résistera pas à la cruauté ambiante…Critique : Pour son premier long métrage de fiction, Danielle Arbid, documentariste de renom à qui l’on doit notamment « Seule avec la guerre » (2002) se replonge dans le Liban démembré et chaotique de son adolescence. Entre la dureté du ton et le style contemplatif de la mise en scène, entre la chaleur des corps et la violence des échanges, elle entend restituer un climat de malaise avec une acuité extrême. Pour cela, elle choisit de concentrer le récit d’apprentissage, associé au thème des inégalités de classes et de la violence arbitraire, dans le regard d’une adolescente qui accède au monde des adultes sans conscience du bien et du mal.
Le poids autobiographique et l’expérience documentaire conduisent surtout à un récit en pointillés, qui fonctionne grâce à l’alternance des longues scènes familiales avec d’autres, plus brèves, renseignant sur un quotidien militaire accepté, entre après-midi passées à musarder au soleil, sans préoccupation du son lointain des tires de roquettes, ou au contraire à attendre, terré dans un abri. Danielle Arbid concentre toute la fiction sur la cellule domestique et met en scène la famille de Lina avec un style propre au film d’épouvante, entre regards hallucinés et teintes délavées, voire quasiment vampiriques. Ce formalisme très marqué est contrarié par des plans courts et précis de la ville, qui cartographient Beyrouth et ses immeubles éventrés comme un espace à la fois très concret et complètement vacant, des rues désertées en été aux résidences vidées de ses occupants. Le voisinage de l’effroi et de la contemplation fonctionne remarquablement bien.
Julien Welter
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Dans les champs de bataille
De Danielle Arbid
(France – Belgique – Liban, 2004, 1h30)
Avec Marianne Feghali, Rawia Elchab, Laudi Arbid
Sortie du 29 novembre 2004






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