Taille du texte: + -
Accueil > Modes de vie, cultures, ambitions > Programmes > Tous les programmes > Europe : le chemin vers l'unité > De Yalta à l'Europe en cinq étapes

Modes de vie, cultures, ambitions

Cliquez ici...

Modes de vie, cultures, ambitions

05/05/04

De Yalta vers l’Europe : cinq étapes décisives


A l’Ouest du Rideau de fer, l’histoire européenne s’est faite par une succession de traités, l’Europe voit le jour par écrit. A l’Est, l’Europe est davantage perçue comme un rêve de liberté ; mais là aussi on écrit l’histoire européenne. L’identité de l’Europe est également marquée par les événements révolutionnaires intervenus dans les pays entrants, bouleversements sans lesquels l’élargissement à l’Est aurait été impensable. Vous trouverez ci-après un bref rappel des cinq étapes décisives de ce processus, depuis la conférence de Yalta jusqu’à la création de l’Union européenne.

Russie : la conférence de Yalta

Début 1945, les Alliés considèrent qu’ils ont gagné la Seconde Guerre mondiale. Les chefs d’Etat des trois grands pays vainqueurs se rencontrent du 4 au 11 février 1945 à Yalta pour discuter de la fin de la guerre et de l’avenir de l’Europe en ruines.

Ils décident tout d’abord de partager l’Allemagne en quatre zones d’occupation et de déplacer vers l’ouest les frontières de la Pologne. Parallèlement, les chefs d’Etat s’accordent sur un processus de concertation en vue de la création de l’Organisation des Nations Unies. Enfin, ils élaborent une stratégie militaire commune, notamment contre le Japon qui livre une résistance acharnée.

Les accords de Yalta sont entérinés en juillet et août 1945 lors de la conférence de Postdam, qui consacre les frontières définitives de nombreux Etats européens.

Hongrie : l’insurrection de Budapest

20000 arrestations, 183.000 réfugiés et des milliers de morts : tel est le bilan de l’insurrection de Budapest en 1956. Seuls la constitution d’un contre-gouvernement et l’intervention brutale de l’Armée rouge permettent à l’Union soviétique de maintenir le communisme en Hongrie.

Khrouchtchev avait suscité de nombreux espoirs parmi la population en prenant ses distances avec Staline. Or face à l’immobilisme du gouvernement et à la répression musclée de la manifestation du 23 octobre, le peuple hongrois s’insurge. La nuit suivante, le réformateur Imre Nagy devient premier ministre et engage immédiatement des négociations avec les soviétiques.

A Moscou toutefois, les jeux sont faits. Lorsque Nagy annonce le retrait de la Hongrie du Pacte de Varsovie, un nouveau gouvernement est constitué et l’Armée rouge réprime l’insurrection de Budapest.

Allemagne : le Mur de Berlin

Mi-août 1961, l’armée est-allemande (la nationale Volksarmee, NVA) verrouille de nuit le secteur soviétique à Berlin et met ainsi un terme aux flux d’immigration de travailleurs qualifiés qui risquait de saper la toute jeune RDA. Dans les mois qui suivent, un mur équipé d’un complexe système de sécurité est érigé autour de Berlin-Ouest : il cimente la partition de l’Allemagne, mais aussi le partage de l’Europe et du monde en deux blocs.

Ce n’est que quelque 40 ans plus tard, à la suite d’un enchaînement d’événements décisifs, que le Mur de Berlin sera rouvert au trafic transfrontalier. Un an après, le Rideau de fer commencera à se lever.

Tchéquie et Slovaquie : le Printemps de Prague

Alexander Dubcek voulait trouver une « troisième voie », indépendamment du communisme soviétique et sans pour autant se soumettre au diktat du capital. Son élection à la tête du parti communiste tchécoslovaque le 5 janvier 1968 annonce pour beaucoup le début d’une ère nouvelle, celle « d’un socialisme à visage humain », comme il le déclarait lui-même.

Or le grand frère soviétique voit d’un très mauvais œil la libéralisation politique et économique de la Tchécoslovaquie. Le 21 août, les troupes de l’Armée rouge pénètrent dans le pays et sonnent rapidement le glas du Printemps de Prague.

« Nous sommes avec vous, soyez avec nous », voilà ce qu’on entend sur les ondes de la radio de Prague juste avant que les salves de fusils mitrailleurs ne sèment la manique dans le centre ville. La répression soviétique fait 98 victimes et met fin aux espoirs de socialisme démocratique.

Pologne : Solidarnosc

Nul besoin de syndicats dès lors que le pouvoir est aux mains des ouvriers. Telle était la logique communiste. Or, après l’occupation le 14 août 1980 par 16000 ouvriers des chantiers navals Lénine, le gouvernement accepte de légaliser le syndicat ouvrier polonais et d’entamer des négociations en vue de la libéralisation du pays.

La situation économique se dégrade de façon dramatique en Pologne, à tel point que même le contrôle du prix des denrées alimentaires de première nécessité n’est plus possible. En 1981, le général Jaruzelsky proclame l’état de guerre et de nombreux fonctionnaires, dont Lech Walesa, sont arrêtés. En 1989 toutefois, le gouvernement acculé n’a d’autre choix que de négocier et Solidarnosc devient la force motrice des réformes. Le 9 décembre 1990, Lech Walesa est élu président de Pologne.

Edité le : 29-04-04
Dernière mise à jour le : 05-05-04