James Gray est sans doute l’un des cinéastes américains les plus passionnants du moment dans son affirmation d’une veine classique et terriblement humaine. L’an passé, il a présenté «
La Nuit nous appartient », accueilli à Cannes par une fanfare de sifflets avant de connaître le triomphe six mois plus tard auprès du public et… de la critique. Tout le monde le sait, cette dernière n’aime rien moins que manger son chapeau. De retour sur la Croisette, James Gray semble donc promis à un destin similaire à celui de son aîné Clint Eastwood : après avoir été injustement conspué, il devrait être porté aux nues quoiqu’il fasse. «
Two Lovers » son nouveau film est aussi bon que «
La Nuit nous appartient » mais hier, aucune fausse note : le réflexe laudatif fut de mise. Même unilatéralité constatée à l’issue de la projection de « L’échange » de Clint Eastwood, pourtant peu convainquant. Quand on sait que le plus faible des opus du vieux maître (disons «
Les pleins pouvoirs ») a été qualifié de bijou… Heureusement, il y a Lucrecia Martel pour provoquer la discorde. Avec «
La Femme sans tête », elle peaufine un style tortueux qui saisit les uns et ne suscite que l’aversion chez les autres. La Lucrecia ne sera certainement jamais une bête à Palme, mais de là à se mettre martel en tête…
Julien Welter