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Berlinale 2005 - German Cinema - 13/02/05

Der Neunte Tag

Un film de Volker Schlöndorff



Synopsis: L’Abbé Kremer, un homme d’église luxembourgeois, est interné au camp de Dachau, où il subit les mêmes traitements inhumains que les autres déportés, pour s’être opposé aux lois raciales des nazis et supporté la résistance. Il est pourtant autorisé à rentrer dans son pays, parmi les siens, pour une durée de neuf jours. Le but est de le convaincre d’œuvrer à une approbation par l’épiscopat luxembourgeois de la politique du Vatican, qui valide certaines décisions des nazis. Son refus pourrait entraîner son retour à Dachau, mais aussi d’autres déportations, et sa fuite l’exécution de ses pairs, internés comme lui.

Critique: Quatre ans après « Die Stille nach dem Schluss » (sorti en France sous le titre « Les trois vie de Rita Vogt »), qui évoquait le parcours d’une ancienne membre des réseaux terroristes allemands poursuivie par son passé, Volker Schlöndorff s’intéresse à nouveau à la violence des convictions politiques et aux conséquences de l’engagement idéologique. Il met cette fois en scène les relations des hommes église avec les nazis durant la seconde guerre mondiale, un épisode rarement traité par le cinéma, mais qui fut esquissé récemment par Costa Gavras avec « Amen ». Les camps de la mort ne sont donc pas le sujet de son nouveau film, et les brefs passages qui les mettent en scène fonctionnent comme des réminiscences violentes. Eclairées par des couleurs froides et hivernales, elles hantent l’Abbé Kremer, bénéficiant d’un sursis aussi miraculeux que factice, propre à questionner son vœu de compassion.

Ce qui intéresse Schlondörff, c’est l’aspect discursif et âpre de la seule confrontation entre un S.S. (le convainquant August Diehl, comédien aperçu dans « Lichter » de Hans-Christian Schmid) totalement habité par sa dévotion au nazisme, et l’Abbé Kremer (Ulrich Matthes), qui n’oppose pas seulement à cette détermination glaçante son éplorement, mais aussi sa fermeté et ses propres convictions. Ainsi, le réalisateur ne se perd ni dans la reconstitution historique, ni dans l’évocation collatérale de la guerre qui se poursuit, pour se recentrer de façon dense et constructive sur un dialogue distinguant avec réussite le fanatisme de la détermination solidaire et humaniste.

Julien Welter
De Volker Schlöndorff
(Allemagne, 2004, 1h30)
Avec August Diehl, Ulrich Matthes, Bibiana Beglau...
Une Coproduction Arte

Edité le : 13-02-05
Dernière mise à jour le : 13-02-05