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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 9 avril 2008 - 15/04/08

Désengagement

Un voyage entre la France et Israël, qui n’est pas loin d’être le meilleur film d’Amos Gitai depuis « Kippour ».



D’Amos Gitai
(2007, France – Israël, 1h55)
Avec Juliette Binoche, Liron Levo, Jeanne Moreau, Barbara Hendricks…
Une Coproduction Arte

Synopsis : A la mort de son père, Ana (Juliette Binoche) se retrouve à veiller sa dépouille dans la demeure familiale d’Avignon, avec pour seule compagnie une cantatrice (Barbara Hendricks) qui sacrifie par son chant au rituel funéraire. Elle est tout de même rejointe par son demi frère israélien Uli (Liron Levo). Chez le notaire, la lecture du testament réserve une surprise à Ana : Il lui faut partir immédiatement en Israël. Uli est rappelé à son tour, afin de prendre part comme soldat de Tsahal au désengagement de Gaza, qui doit conduire au départ des nombreux colons.

Critique : Diptyque franco-israélien, « Désengagement » conduit deux récits successifs au cours desquels se délite une famille, puis un territoire. Les thèmes reconnaissables du legs (un héritage, la parcelle d’une contrée) et de l’abandon (l’enfant d’Ana, occultée par cette dernière mais couvée par son grand-père, l’expulsion des colons de Gaza) vont réunir et confronter deux communautés dont les membres respectifs expriment des sentiments antagonistes. Le prologue se signale pourtant par un ton presque relativisé, dans un train où plusieurs personnages et autant de langues parlées s’entremêlent à la manière d’un film d’espionnage des années 1960, lorsqu’on se passe cigarettes et passeports selon une chorégraphie ludique.
Amos Gitai choisit si souvent la forme documentaire, agencée en une série de plans-séquences très sûrs, que lorsqu’il retourne comme ici à une proposition de fiction, il éprouve la nécessité d’un baroque où la mécanique formelle est remuée, le récit en devenir et les thèses péremptoires propres aux discours sur Israël réfutées une à une. La confusion, l’humour et la dédramatisation nés du chaos s’insufflent dans une œuvre qui se porte d’une demeure muséifiée à Avignon vers un pays en friche dont les maisons s’envolent littéralement, soulevées par les bulldozers. Entre deux mondes et deux courants contraires, Juliette Binoche, à la manière de Ronit Elkabetz dans « Alila » (2003), s’échauffe dès son entrée en scène, elle dont le personnage semble vouloir pousser les meubles, voire les murs, et déchirer carrément les coutures du linceul paternel. Parachutée ensuite dans une Israël la tête à l’envers, Ana se calme, découvre sa fille, se met à l’écoute des autres qui s’empoignent ou dévalent les dunes, une valise à la main. Versatile et bousculé, « Désengagement » ne s’en révèle pas moins une œuvre emprunte d’une force presque massive, à mille lieux de la précédente tentative de son auteur, « Free Zone » (2005), également cyclothymique mais délibérément frêle et spontanée.

Julien Welter

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Désengagement
D’Amos Gitai
(2007, France – Israël, 1h55)
Avec Juliette Binoche, Liron Levo, Jeanne Moreau, Barbara Hendricks…
Sortie du 9 avril 2008
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Edité le : 08-04-08
Dernière mise à jour le : 15-04-08