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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 27/11/08

Deux comédies de Douglas Sirk

( note Arte: 3 ) Deux exercices de style qui préfigurent l’avènement de Douglas Sirk en esthète de l’« über-mélodrame » des faubourgs américains.

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(1952, USA)
Avec Piper Laurie, Tony Curtis, Rock Hudson, Charles Coburn…

Un coffret de deux DVD Carlotta Films également vendus séparément

Synopsis : En couleurs, « Qui donc a vu ma belle ? » (1952) est un conte dans lequel un vieux grigou se fait passer pour un voyageur et s’introduit dans la famille de son amour de jeunesse, une dame aujourd’hui décédée, pour constater ce qu’aurait été sa vie si elle lui avait dit « oui ». En noir et blanc, « No Room for The Groom » (1952) est une satire domestique qui voit un militaire retrouver sa demeure et sa fiancée, pour constater que la famille nombreuse de cette dernière s’y est installée. Dès lors, il ne connaîtra plus un moment de répit, ni de volupté.

Critique : Bien qu’agencé en miroir de la sensibilité conservatrice des années 1950, « Qui donc a vu ma belle ? » prend place à la veille du krach boursier de 1929, afin de préciser sans violence la vanité de chaque existence placée sous le signe de l’enrichissement. Fulton (Charles Coburn), son personnage principal, est un milliardaire bien entendu solitaire, cousin de Scrooged gagné par le sentimentalisme, la mansuétude ou simplement le goût tardif d’une aventure autre que financière. Le parvenu goûte alors les joies du retour en province et se livre à une expérience cruelle. En le délaissant, sa fiancée l’a poussé vers le grand monde et celui des affaires, pour contribuer sans doute à sa fortune. Pour sa part, elle aura passé sa vie dans un foyer modeste que le vieil homme réinvestit aujourd’hui et à qui il lègue secrètement une grosse somme d’argent, afin de constater si l’histoire va se répéter, ou si le ciel s’est trompé. Et lorsque les évènements tournent mal, pétri d’abnégation, Fulton tente de recoller les morceaux. Le conte de Noël est le viatique idéal de ce récit à la gloire du comédien Charles Coburn, grimé en philosophe des résidences américaines. Le ton mélancolique est diffus, drapé par la rengaine populaire d’alors, « Has Anybody seen my Gal ? », qui donne son titre au film.

« No Room for The Groom » est une comédie dont les contraintes sont plus précises : le jeune Alvah (Tony Curtis) est supplicié au sein de sa propre demeure par ses hôtes. Le caractère oppressif, source des gags parfois sadiques, tient du programme et se joue encore, en cette année 1952, du code Hayes à travers l’idée du coït perpétuellement interrompu. Alvah et sa fiancée voudraient roucouler mais subissent tour à tour l’interposition d’un évènement, d’une personne ou d’un meuble, sur le modèle d’ « Allez coucher ailleurs » de Hawks. Le poids de la famille deviendra sujet et non toile de fond dans les œuvres ultérieures et tant célébrées de Douglas Sirk.

Les Bonus : Le clou des suppléments est l’interview de Tony Curtis, toujours bon pied bon œil à plus de 80 ans. Sans condescendance ni acrimonie, il rassemble les souvenirs conservés du tournage de « No Room for The Groom », son premier rôle en vedette. Lui qui aimait les choses simples appréciait pourtant l’élaboration du travail de Sirk, car le geste ne concourait pas à la pose ou l’enluminure lorsque le projet, comme ici, était délibérément modeste. Sa partenaire Piper Laurie, qui illumine également « Qui donc a vu ma belle ? » de ses jeunes années, se fend d’un commentaire plus anecdotique. Enfin, une analyse par Pierre Berthomieu du travail de Sirk sur ces deux films de commande ne rend pas vraiment hommage à leur fantaisie. L’intérêt du cinéaste pour les conventions, les coutumes, mais aussi la vénalité et l’oppression qui en découlent est toutefois bien amené, tout comme l’idée du caractère factice des émotions en société et en intérieurs, qui se marie si bien à une mise en scène composée.

Julien Welter
Deux comédies de Douglas Sirk
(1952, USA)
Avec Piper Laurie, Tony Curtis, Rock Hudson, Charles Coburn…
Un coffret de deux DVD Carlotta Films également vendus séparément

Edité le : 27-11-08
Dernière mise à jour le : 27-11-08