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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 20/11/06

Deux films de Jacques Rivette : Duelle & Noroît

Spectres, doubles, fantôme et miroirs rivettiens, sous leur forme la moins consensuelle.

ailleurs sur le web

(1975 – 1976, France, 2h15 & 2h20)
Avec Bulle Ogier, Bernadette Lafont, Nicole Garcia, Géraldine Chaplin…

Un double DVD Les Films de la ma vie

Synopsis : Réunion des deux derniers volets d’un triptyque intitulé « Scènes de la vie parallèle », tournés à la suite l’un de l’autre au milieu des années 1970 et bien que le premier fut abandonné, pour ne se réaliser qu’en 2003 sous le titre « Histoire de Marie et Julien ». « Duelle » met en scène l’affrontement de deux femmes dotées de pouvoirs surnaturels, au cœur d’un Paris nocturne, quand « Noroît » (pour « Nord-ouest ») se déroule sur la côte Atlantique en Bretagne, où se déchirent deux bandes de pirates menées par d’intrépides aventurières, sous couvert de l’application d’une vengeance.

Critique : Après le succès de « Céline et Julie vont en bateau » (1974), où les marottes de Jacques Rivette parvinrent à rencontrer l’esprit d’une époque (le surnaturel, le Paris des promeneurs et des fantômes, l’ombre de Feuillade magnifiée par la Nouvelle Vague), l’œuvre du cinéaste entre dans une période souterraine et conflictuelle, marquée par des films très peu vus, mais dont la construction se révèle particulièrement audacieuse et même téméraire, pour engager à une passionnante (re)découverte. Spécialiste de Rivette, Hélène Frappat a publié un ouvrage intitulé « Trois films fantômes de Jacques Rivettes » aux éditions des Cahiers du Cinéma, qui comprend rien moins que trois ébauches parmi les projets avortés du cinéaste justement esquissés au milieu des années 1970.
L’initiative de cette parution est pertinente quand il s'agit d'un auteur à ce point attaché aux fausses pistes et autres dédales abstraits, au-delà des difficultés financières évidentes. L’ébauche de « L'An II » retenait particulièrement l'attention, un projet sombre et effondré sur la chouannerie dont on peut retrouver des traces (géographiques ou non) dans ce véritable ballet de mort qu’est « Noroît », tandis que « Phoenix » fut sûrement le squelette d’ « Histoire de Marie et Julien ». Les lieux de « Duelle » seront revisités dans « Haut, bas, fragile » (les rues et le dancing désuet), mais disposés autrement, comme en témoigne déjà « Noroît », où le film semble se construire et prendre forme sous nos yeux, toujours au bord d’une rupture et d’un gouffre où ne tombe pas le cinéaste, habité par une folie scénographiée et une inspiration peu commune. Antidaté et comme opposé, cette fois, à son époque, « Noroît » ne fut même pas distribué en salles : Bernadette Lafont ressemble à la Bulle Ogier terroriste de « La Troisième génération » de Fassbinder, quand Géraldine Chaplin exploite sa carnation diaphane pour se muer en amazone, sœur de sang d’une Eva-Marie Saint choisie, à l’époque de « La Mort aux trousses » et dixit Hitchcock, pour ce que projetait sa maigreur cadavérique.

Les Bonus : Il ne faut pas compter sur Jacques Rivette pour livrer les clés de son univers, mais en général sur son entourage, comme en témoigne un autre ouvrage d’Hélène Frappat, « Jacques Rivette, secret compris » toujours aux éditions des Cahiers du Cinéma, où les collaborateurs du cinéaste livrent de manière directe des témoignages concrets. Au détour d’une page, une phrase pourrait tout résumer : ”La stratégie de l’araignée est la morale de l’aléatoire” car au final, sa personnalité reste évasive et le mystère de son cinéma s’en trouve même décuplé. C’est une nouvelle fois Hélène Frappat qui conduit les deux présentations des films proposées en bonus de ces DVD. Lue par Serge Bozon, son analyse propose tout de même quelques pistes fiables, les « Filles du feu » de Nerval, « Les Contrebandiers de Moonfleet » de Fritz Lang, le cinéma de Jacques Tourneur, mais aussi le caractère improvisé de la musique (Jean Cohen-Solal pour « Noroît », l’illustre Jean Wiener pour « Duelle »), lié au déclenchement impromptu et violent de l’action.

Julien Welter

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Deux films de Jacques Rivette : Duelle & Noroît
(1975 – 1976, France, 2h15 & 2h20)
Avec Bulle Ogier, Bernadette Lafont, Nicole Garcia, Géraldine Chaplin…
Un double DVD Les Films de la ma vie

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Edité le : 25-10-06
Dernière mise à jour le : 20-11-06