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05/09/06

Dévoilé : Galerie interactive

Galerie interactive

Francisco Goya
La Maya nue, 1797
Prado, Madrid
Sans aucun doute, l’une des femmes nues les plus célèbres de l’histoire de l’art est La Maja desnuda de Goya. D’un sourire amusé, elle plante son regard presque impudique dans celui du spectateur. Une femme, une vraie. Goya risquait sa vie à peindre ce nu. Et son modèle aussi. Les agents de l’Inquisition étaient omniprésents, qui stigmatisaient toute chair offerte comme péché et acte de sorcellerie. Mais qui est donc cette Maja ? S’agit-il vraiment de la duchesse d’Albe qui se serait dévêtue pour poser devant son amant ? Beaucoup d’indices semblent aller dans ce sens. Trêve de spéculations. Ce qui est sûr, c’est que cette Maja nue a animé le souffle créateur de nombreux peintres après Goya. Edouard Manet, Gustave Courbet, Max Beckmann, Henri Rousseau ou Gustav Klimt, tous s’en sont inspiré.




Sandro Botticelli
La naissance de Venus (1486)
Galerie des Offices, Florence
Quel plaisir ! En peinture, on n’avait plus vu pareille beauté depuis l’Antiquité. La Vénus de Botticelli naît de l’onde, légère, elle effleure la conque marine plus qu’elle ne se tient dessus, c’est le retour de la déesse. Mais l’image de l’innocence est trompeuse. Elle cache aussi le terrible secret du dieu Zéphyr qui avait enlevé la femme de son choix et l’avait violée pour mieux la dompter. Cette Vénus a vu le jour à Florence, capitale de la Renaissance, où les Médicis étaient les mécènes des arts et des lettres. On a toujours tenté de savoir qui avait posé pour Botticelli – hélas, le peintre a gardé lèvres closes.



Michel-Ange
David (1501 - 1504)
Galleria dell’Accademia, Florence
En marbre, le David de Michel-Ange semble sorti tout droit de l’atelier d’un dieu. Héros idéal des Florentins, il est de taille à défendre leur république. Il est devenu leur idole, une véritable star au firmament de l’art. Pourtant il n’est que l’une des œuvres apparemment surnaturelles de Buonarroti – qui, avant David, avait déjà sculpté un autre personnage célèbre : Bacchus, le dieu de la vigne et de la débauche, prototype du libertin. David est probablement un autoportrait de l’artiste homosexuel qui n’a cessé de lutter contre ce penchant et s’est lui-même, sur la fresque de Saint Bartholomé, représenté sous les traits d’un pauvre pécheur.




Eugène Delacroix
La Liberté guidant le peuple (1830)
Musée d’Orsay, Paris
Le peuple de Paris se révolte. A sa tête un héros ? Non, une simple lavandière. Delacroix en a entendu de toutes les couleurs. La Révolution conduite par une femme dépoitraillée ! Mais quel symbole… L’innocence au service d’une cause juste et nécessaire. Son profil ne ressemble-t-il pas à celui de la Vénus de Botticelli, ou d’une adorable déesse antique ? Quel homme ne mourrait pas pour elle ? Eros et Thanatos – l’amour, la mort et la liberté, inextricablement liés.




Pablo Picasso
Femme (Époque des ’Demoiselles d’Avignon’), 1907
Fondation Beyeler, Riehen/Basel
Image de cinq femmes bannies sans ménagement sur une toile, les traits de leurs visages taillés comme dans le marbre. Ensemble, les demoiselles de Picasso composent une muraille infranchissable. Elles sont la réponse d’un homme de 26 ans au Cézanne des Baigneurs ou des Baigneuses, une réflexion aussi sur La Joie de vivre d’Henri Matisse. Les interprétations possibles sont multiples : certes, Picasso peignait un monde malade, mais après les périodes Bleue et Rose, ses demoiselles symbolisent aussi sa quête de nouveaux univers artistiques. Le fait est qu’avec cette œuvre, il a créé l’une des toiles majeures du XXe siècle et ouvert la voie au cubisme.

Edité le : 31-08-06
Dernière mise à jour le : 05-09-06