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08/10/09

Diffusion samedi 14 novembre 2009

Rendez-vous pour le huitième numéro de la saison 2 de One shot not, avec Manu Katché et Alice Tumler. Jazz, pop, rock, blues, boeufs, mélanges savants et impromptus, répétitions et performances, le tout sous le signe de la complicité, avec un son de qualité studio : une émission pour voir et entendre la musique, au plus près de sa vérité. Manu Katché, baguettes en mains, se fond avec une énergie jubilatoire dans les univers de ses invités, aux côtés de la franco-autrichienne Alice Tumler, qui présente les festivités en anglais et en allemand.

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BEN HARPER

Ils n'étaient que quelques centaines en ce soir hivernal de 1993 aux Transmusicales de Rennes à découvrir les slides de ce jeune californien de 24ans, recueilli, sa guitare sur les genoux, passant en revue son héritage culturel du blues au reggae, du gospel au rock (Robert Johnson, Jimi Hendrix et Bob Marley sont ses principales influences); depuis Ben Harper a fait la carrière planétaire que l'on sait ; mais que retenir des ces 25 ans de musique et ses 12 albums ? D'abord que c'est dans le magasin-musée d'instruments des ses grands parents qu'il a attrapé le virus, notamment celui de la weissenborn, cette guitare acoustique qui l'accompagne encore aujourd'hui ; que c'est un breton, Jean Pierre Plunier qui depuis ses débuts veille sur notre Ben (avant de découvrir Jack Jonhson puis un certain Piers Faccini). Et qu'il suffit de citer quelques unes de ses collaborations pour réaliser à quel point il est un artiste majeur : John Lee Hooker, Blackalicious, Rickie Lee Jones, Pearl Jam, le légendaire Willie Nelson ou les mythiques Toots & The Maytals. Après des années passées aux cotés des Innocent Criminals, c'est avec son nouveau groupe, les Relentless 7 que Ben Harper passera par One Shot Not.


PIERS FACCINI

Romantique, bucolique, la sensibilité de Piers Faccini est exacerbée; son art se nourrit de grands espaces désertiques, de lumières sourdes, d'une poésie lunaire ; cet amoureux de Francis Bacon commença à Londres il y a déjà plus de 10 ans par mettre en musique les poèmes de son amie Francesca Beard ; à la même époque, il commence à peindre, à photographier et pour gagner sa vie, réalise des bandes sons de documentaires pour la BBC ; puis c'est l'exil, Paris, les rencontres déterminantes avec Vincent Segal (des Bumcello et de la bande de Matthieu Chédid) et Jean Pierre Plunier, le producteur, ami et homme de l'ombre de notre autre invité, Ben Harper. En 3 albums et un nouvel exil avec femme et enfants dans les Cévennes, Piers Faccini s'affirme comme un grand songwriter qui pourtant n'hésite pas à convoquer ses racines napolitaines ou explorer la musique africaine. Un métissage assumé naturellement au point que même le grand producteur français Renaud Letang (Gonzales, Mocky, etc) n'a pas eu à retoucher certains titres de son dernier album "Two Grains of Sand" qu'ils ont coproduit ensemble.


JUST JACK

Jack Allsop aurait pu rester ce Dj trentenaire naviguant entre les clubs de Camden. C'était sans compter sur la persévérance de ce londonien qui avec deux magnétophones et pas mal d'idées lui fait créer son propre label en 2002 pour autoproduire son premier album ; une faillite et pas mal de concerts plus tard, il est repéré et signé par Mercury qui va produire son deuxième album où Allsop devient Just Jack et signe le tube "Writer's Block" avec cette touche si remarquable de Hip Pop dopé à l'électro. Les prestations remarquées dans les grands festivals européens s'enchaînent et à l'heure du 3ème album, c'est clap première pour Jack ; un album fortement inspiré par le cinéma comme son nom l'indique ("All Night Cinéma") et les réalisateurs qu'il affectionne particulièrement, Mike Leigh et Pedro Almodovar.

YARON HERMAN

Fougueux, charismatique, lyrique. Et surtout pressé. Pourtant rien ne destinait cet israélien de 29 ans à la musique car son truc à lui, c'était le basket ; une carrière prometteuse dans l'équipe junior d'Israël brisé par une blessure qui lui fera apprendre le piano à 16 ans à Tel Aviv, un apprentissage déterminant pour la suite puisque délivré par Opher Brayer, un pianiste connu pour sa méthode d’enseignement basée sur la philosophie, les mathématiques, la psychologie. Puis Yaron rejoint Boston et sa fameuse Berklee College School of Music qu'il quittera pourtant très rapidement. Sur le chemin du retour vers Tel Aviv, il fait une halte à Paris ; il a 19 ans et n'en repartira plus, suite à une jam le soir de son arrivée qui vaut engagement dès le lendemain. Deux ans et un premier album plus tard, il développe une théorie musicale de l’improvisation appelée « Real Time Composition » qui lui vaudra d’animer un cycle de conférences à la Sorbonne. Après l'enregistrement de son premier piano solo en 2005, il sera le premier pianiste de jazz à jouer dans la Cité Interdite de Pékin et s'amuse à bouleverser les codes en reprenant Police ou... Britney Spears! Tournées mondiales et grands festivals se succèdent comme les rencontres et collaborations, de Michel Portal à Dominic Miller, le guitariste de Sting, avant la consécration d'une Révélation Instrumentale de l'année aux Victoires du Jazz l'année dernière, suivie de son nouvel album "Muse".


JARVIS COCKER

Pas si simple d'être un demi Dieu vivant de la pop... Même si le groupe légendaire (qu'il créa à 15 ans sous le premier nom de Arabacus Pulp) du gamin de Sheffield n'est pas officiellement dissout, les années Pulp semblent bien terminées et Jarvis l'unique légataire de ce groupe dont Bertrand Burgalat dit qu'il aura été le dernier grand groupe populaire à donner une vraie vision de la société anglaise post Thatcher. Exilé à Paris, il prendra en 2003 le pseudo de Darren Spooner au sein du groupe Relaxed Muscle avant de travailler avec Nancy Sinatra ou de réaliser des clips pour Aphex Twin et Nightmare on Wax, d'apparaître dans le quatrième volet de la série des Harry Potter, de reprendre Gainsbourg à Londres avec Brigitte Fontaine et Badly Draw Boy sous la direction du "Maître" Jean Claude Vannier, avant d'écrire avec Air l'album d'une autre Gainsbourg, Charlotte; en 2006, son album éponyme "Jarvis" ne rencontre pas son public; un divorce et pas mal d'interrogations artistiques plus tard, Jarvis revient plus fringuant, drôle et incisif que jamais, en se livrant notamment à un vrai questionnement sur la crise actuelle de l'industrie du disque en proposant une semaine de performances dans une galerie parisienne pour répéter in vivo son nouvel opus "Further Complications" mais aussi faire danser des tout petits, faire jouer le public avec son groupe ou encore mettre des cours de yoga en musique.

Edité le : 26-09-08
Dernière mise à jour le : 08-10-09