"La Turquie, mon Paradis" - 15/01/10
Disparition d’un hymne national
Lorsqu’il était étudiant, Cem Yilmaz avait été arrêté au motif qu’il était membre d’une organisation de gauche.
Neuf mois plus tard, l’armée accédait au pouvoir. Cem est alors incarcéré dans la trop fameuse maison d’arrêt de Metris, à Istanbul. Il est l’un de ces 650 000 jeunes gens qui peuplent les prisons après la prise du pouvoir par les généraux. La torture est systématique et, en outre, les hauts parleurs diffusent à plein volume, dans les cellules, l’hymne national «La Turquie, mon Paradis». Au bout de trois ans, Cem Yilmaz est libéré. Il survit avec des petits boulots dans le milieu de la musique.
Aujourd’hui, grâce à son label « Anadolu Müzik », il est l’un des producteurs les plus renommés de Turquie. Et il vient de réussir un coup dont il rêvait depuis longtemps : l’achat de tous les droits sur le titre «La Turquie, mon Paradis ». C’est la première fois qu’il acquiert des droits d’exploitation pour mettre un titre hors circulation. Une chose est sûre : il ne les cédera pour rien au monde !
"Metropolis" rencontre Cem Yilmaz à Istanbul, capitale culturelle européenne 2010.
Par Halil Gülbeyaz
Edité le : 14-01-10
Dernière mise à jour le : 15-01-10