
De Fritz Lang(Allemagne, 1921-1922, 4h30)
Avec Rudolf Klein-Rogge, Alfred Abel, Bernhard Goetzke…
Un DVD MK2
Synopsis : A Berlin, sous la république de Weimar. Insaisissable, mais connu sous le nom de docteur Mabuse, un homme aux multiples visages semble être partout. Il possède mille talents, tous employés à des fins malfaisantes, et se livre au grand banditisme sous des formes elles-mêmes parmi les plus diverses : hold-up, rapt, falsification, hypnose, meurtre… Un procureur tente de mettre fin à ses agissements.
Critique : Après la réalisation des « Araignées », où il mettait déjà en scène une organisation secrète et criminelle, et avant ses « Nibelungen » adaptés de la « Tétralogie » de Wagner et son dieu Wotan assoiffé de pouvoir, Fritz Lang livrait avec « Docteur Mabuse, le joueur » (1922) un terrifiant portrait de son époque, masqué sous les obligations du polar et du serial. Film en deux parties, judicieusement titrées « Le Joueur, une image du temps » et « Inferno, une pièce sur les hommes de ce temps », « Docteur Mabuse, le joueur » a été comparé à « Fantômas » et aux « Vampires » de Louis Feuillade, auxquels il est incontestablement supérieur en termes de mise en scène, pour parler bien mieux de la rapacité d’une société artificielle.
Des cendres de la première guerre mondiale est née une Allemagne gangrenée par les profiteurs de guerre et les boursicoteurs, enrichis en quelques heures par la spéculation. De ce climat nihiliste et cynique émergent des personnages excessifs comme Mabuse, imaginé par le romancier d’origine luxembourgeoise Norbert Jacques. En s’inspirant des romans noirs autant que de films séminaux comme « La Cabinet du Docteur Caligari » de Robert Wiene ou le « Nosferatu » de Murnau, Lang dépasse à la fois le film noir et le film expressionniste en débordant d’idées novatrices, pour éprouver les décors de studio sans se priver d’exploiter les extérieurs berlinois. A l’époque, le cinéaste avait déclaré que le machiavélique Mabuse ne se voulait pas, selon lui, une prémonition d’Hitler, une réflexion sur laquelle il est revenu dès 1931, au moment de tourner une suite, « Le Testament du docteur Mabuse ». Dans ce film parlant, Fritz Lang avait clairement attribué des déclarations propres aux discours du parti nazi à un Mabuse toujours autant fasciné par le pouvoir, la manipulation et la destruction.
Les Bonus : Les compléments se penchent sur la musique présente en accompagnement de cette édition, aussi inventive et protéiforme que le film lui-même. Aux confins du jazz et de la musique classique, l’écriture de Gottfried Huppertz, déjà auteur d’une partition pour les « Nibelungen » et pour « Metropolis », est inquiète et emportée. Ses secrets sont évoqués ici par le compositeur lui-même. Un autre documentaire est consacré à Norbert Jacques, auteur pris au piège de la machine Mabuse. Des adaptations pour l’écran jusqu’au produits dérivés, « Mabuse » a introduit une leçon de marketing qui est monnaie courant aujourd’hui au cinéma, mais que l’écrivain n’avait pas anticipé, au contraire des producteurs du film et de la scénariste Thea von Harbou. Plus long, un troisième documentaire dédiés aux « motifs et thèmes de Mabuse » livre un grand nombre de clés qui, plutôt que de déflorer le mystère du film, densifie son pouvoir de fascination. Une galerie de photos, hélas un peu gâtées par le temps, complète le programme.
Julien Welter
-----------------------------------------
Docteur Mabuse, le joueur (DVD)
De Fritz Lang
(Allemagne, 1921-1922, 4h30)
Avec Rudolf Klein-Rogge, Alfred Abel, Bernhard Goetzke…
Un DVD MK2
-----------------------------------------






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter