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Mercredi 11 mai 2005 à 22.40 - 11/05/05

Dog Days

De Ulrich Seidl
(Autriche)
Avec Maria Hofstätter, Erich Finsches, Gerti Lehner
Compétition Venise 2001



Galerie photos du film

  • Seidl, Ulrich
Cinéaste sans pardon, ni pitié, obsessionnel, douloureux, sadique, il ne cesse de nous interroger sur notre environnement aliénant. Il est l'un des cinéastes les plus controversés de cette nouvelle identité du cinéma autrichien.
A propos de " Hundstage "
Interview : Martin Rosefeldt, Vittoria Matarrèse - Cadre : Jeremie Boucris





 

Le terme " Hundstage " désigne en Autriche le jour ou la période la plus chaude de l'année. Au cours de deux journées de canicule, dans une banlieue résidentielle, nous suivons le parcours de plusieurs personnages : un retraité et une dame qui s'occupe de sa maison, une jeune femme et son petit ami, bouillonnant et obsédé par sa voiture, une enseignante qui entretient des relations sado-masochistes avec son compagnon, buveur de bières hâbleur, un couple séparé qui continue pourtant à vivre sous le même toit et enfin Anna, une maniaque de l'auto-stop qui croise souvent la route de M. Hruby, spécialiste des systèmes d'alarmes qui doit se dépêtrer d'uns sombre affaire de vandalisme.
Ulrich Seidl est un metteur en scène autrichien dont la virulence sarcastique n'a d'égale que la précision. Cela s'explique en partie par le fait qu' " Hundstage ", son premier long métrage de fiction, est redevable à son activité de documentariste, pour laquelle il est renommé et avec laquelle il s'est exercé à scruter son sujet avec beaucoup de minutie. Mais il faut également prendre en compte son lien avec la culture autrichienne, qui a enfanté d'autres polémistes cyniques et cinglants comme les écrivains Thomas Bernhard ou Elfriede Jelinek, l'auteur de " La Pianiste " récemment adaptée par Michael Haneke, autre cinéaste autrichien dont la capacité à filmer avec la froide précision d'un scalpel n'est plus à démontrer. Seidl procède d'une manière qui n'est pas très éloignée : sa mise en scène est programmatique. Il observe une catégorie de la population autrichienne, comme un scientifique observerait des insectes prisonniers d'un bocal, et suit avec une netteté ultra-détaillée les conséquences qui émanent de leurs comportements. L'humour à froid, dans une inclination typiquement autrichienne, peut surgir de ces situations (un jeune homme violente sa petite amie, un retraité regarde sa femme de ménage le gratifier d'un strip tease…), mais il n'est jamais précisé si, pour Seidl, il s'agit davantage d'une réaction scientifique ou de la volonté d'humaniser les séquences qu'il met en scène. Tel postulat est ainsi libre de provoquer l'hilarité, l'approbation face à une telle persévérance dans une démarche unique, tout aussi bien que l'irritation, le dégoût ou l'indifférence. Mais, quoi que l'on n'en pense, ce n'est pas tous les jours que l'Autriche se voit ainsi présentée par un tel principe démocratique, fut-il aussi acéré…

Julien Welter

Edité le : 06-05-05
Dernière mise à jour le : 11-05-05