Présentation vidéo de son nouvel album (real video - 7mn56)
Fils d’un métayer de l’Arkansas, Al Green naît après la seconde guerre mondiale dans une famille de dix enfants. Au milieu des années cinquante, ses parents, de fervents baptistes, quittent le Sud des Etats-Unis pour aller chercher du travail dans les usines du Nord. Avec ses frères, Al Green chante dès ses 5 ans le gospel dans les églises, mais c’est la soul charnelle et pleine de paillettes de Wilson Pickett et Jackie Wilson qui le fait rêver au grand damne de son père. Al Green : "On avait un groupe de gospel qui s’appelait les Green Brothers. C’était ironique ! Les Frères Verts. Je me suis fait renvoyer parce que j’écoutais Jackie Wilson : Baby Walk Out et mon père m’a dit tu sais quoi tu vas dégager. Je me suis fait jeter parce que mon père pensait que si on faisait parti d’un groupe de gospel on ne pouvait pas écouter autre chose que du gospel."
A 18 ans, Al Green se retrouve à la rue, vivant au crochet de sa petite amie, Juanita une prostituée. A l'Apollo, au cœur de Harlem, il fait ses débuts puis tourne dans le sud des Etats Unis. Au Texas, le producteur et trompettiste, Willie Mitchell époustouflé par sa voix, lui propose de devenir une star en 18 mois. Al Green, du haut de ses 21 ans, refuse, décrétant que c’est bien trop long avant de changer d'avis pour une raison très personnelle.
Al Green : "Quand je suis revenu Juanita ma petite amie avait une liaison avec un gars de mon quartier. Je l’ai donc retrouvée dans un club et lui ai dit « Excuses-moi Juanita chérie, j’aimerais te parler » Le type m’a un peu bousculé et je me suis dit « oh, oh »… je l’ai frappé et c’est parti, tout le monde s’y est mis, les serveurs. Les chaises volaient, les tables se cassaient. Les boissons traversaient la pièce. Et là, je vois un cran d’arrêt, je vois la lame qui brille. Je me fais virer par les videurs. Je rentre chez moi, ramasse mes affaires, il était trois ou quatre heures du matin et j’ai fini dans le Tenessee."
18 mois après leur rencontre, Al Green décroche son premier disque d’or. Au total, le duo Willie Mitchell et Al Green est le ticket gagnant, plus de trente millions d’albums vendus ensembles. Sa soul ultra sensuellle provoque alors l'hystérie du public. En pleine gloire, durant l'année 74, une de ses fiancées se suicide après lui avoir renversé une casserole bouillante sur le dos. Traumatisé, Al Green achète une église à Memphis deux ans plus tard, se fait ordonner révérend et annonce à Willie Mitchell qu’il ne veut plus enregistrer que des albums de gospel. Ce dernier refuse de le suivre.
Aujourd’hui, 25 ans après avoir consacré sa vie à son église, Al Green a fait la paix avec son âme et revient à la soul. En 2003, il retourne en studio avec Willie Mitchell.
"Everything's OK"
The Reverend Al Green
chez Blue Note
"I can't stop"
The Reverend Al Green
chez Blue Note
>> Le site officiel d'Al Green
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TRACKS
Un reportage de Stéphanie Binet
Jeudi 31 mars 2005 à 23h00
Rédaction: ARTE France, Program 33
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