"Drink. Pee. Drink. Pee. Drink. Pee." est une installation-laboratoire présentée dans l'exposition "Human Nature". Plusieurs fois par jour, les deux artistes à l'origine du projet, Britta Riley et Rebecca Bray, ou plus simplement Britta et Rebecca comme l'indique leur site web, mènent de courts ateliers avec les visiteurs d'Ars Electronica pour transformer l'urine en engrais à utiliser chez soi.
Il s'agit pour les artistes de faire prendre conscience des conséquences pour l'environnement qu'apporte le traitement de l'urine (les éléments médicamenteux de l'urine se retrouvent dans l'eau du robinet, cela affecte également la faune et la flore). Britta et Rebecca ne se contentent pas de
proposent à chacun de fabriquer un engrais chez soi tout en rejetant de l'urine filtrée qui n'affecte plus l'environnement dans son propre foyer. A l'heure actuelle, le coût des produits chimiques en fait un projet peu réalisable au quotidien, mais qui peut être réalisé de temps en temps.
L'atelier se déroule comme cela : à partir d'un échantillon de leur urine, les participants en mesurent le ph, notent la couleur et décrivent l'odeur. Est alors ajouté le premier produit chimique, l'uréase. Chaque échantillon est ensuite refroidi pendant une trentaine de minutes. Après une nouvelle mesure du ph et avoir senti et regardé de nouveau l'échantillon, c'est le moment de diluer le deuxième produit utilisé dans la fabrication de l'engrais, le chlorure de magnésium. L'urine se met alors à bouillonner. Le mélange est ensuite filtré, et l'urine qui reste peut être jetée sans représenter le moindre danger pour l'environnement. L'engrais est prêt, chaque participant emporte le sien et devra le diluer abondamment pour arroser ses plantes.
Britta et Rebecca développent un mode de recherche collaboratif, qu'elles appellent "R&D-I-Y, Research and develop it yourself" (recherche et développement à faire soi-même). L'innovation et la recherche peuvent être réalisés par des gens ordinaires, de façon horizontale et non hiérarchique, et qui partagent entre eux les informations récoltées.
Dans la lignée de "Drink. Pee. Drink. Pee. Drink. Pee.", Britta et Rebecca ont lancé récemment le projet "Window Farms" qui propose à chacun de faire pousser des plantes sur sa fenêtre, en ville, en utilisant des matériaux recyclés ou peu onéreux. Aux Etats-Unis, 1/3 des émissions de gas carbonique est dû à la production et distribution de la nourriture. Il est possible de faire pousser sur sa fenêtre une salade par semaine par exemple à New York.






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