Peter StammUn jour comme celui-ci
Traduit de l'allemand par Nicole Roethel
Christian Bourgois Editeur
« La vacuité c’était l’état normal des choses, avait-il répondu, il n’en avait pas peur, bien au contraire. »
La vacuité caractérise l’existence du personnage, un homme qui répète inlassablement ses journées. Andreas vit depuis dix-huit ans en France. Professeur dans un collège de banlieue, sa solitude s’égaie régulièrement au contact de quelques femmes, Nadja et ses discussions identiques, Sylvie, de 5 à 7. Homme sans histoires, il subit l’existence en renouvelant chaque jour, les gestes patients d’une forme de désespoir.
« Il était à la fois figurant et spectateur d’un film imaginaire, un touriste qui depuis bientôt vingt ans arpentait cette ville sans jamais poser vraiment ses valises. »
Andreas papillonne car derrière chaque femme, se cache Fabienne, son amour de jeunesse. Mariée à son meilleur ami, elle vit dans ce village suisse qu’il a quitté. Un roman destiné aux adolescents réveille cette douleur avec acuité, en simple miroir de leur histoire passée.
Résigné, les illusions de la jeunesse l’ont quitté. Il regarde l’existence sans fard. « Dans cent ans vous serez tous morts, pensa-t-il. Le soleil brillerait, les trains rouleraient, les enfants iraient à l‘école, mais lui et tous ces gens, là, autour de lui, seraient morts, et avec eux, ce moment, ce voyage, comme s’il n’avait jamais eu lieu. »
Ayant subi une intervention qui pourrait révéler une maladie mortelle, il décide de quitter son appartement, son emploi et ce carcan vide qui contient ses années. Il tombe alors dans les bras de Delphine qui s’occupe de lui à la sortie de l’hôpital. Le voyage vers le passé se fait en compagnie de la jeune fille. Les retrouvailles avec le village sont celles d’un presque vieil homme ; les souvenirs vivaces raniment les lieux, comme la maison familiale, habitée par son frère et les êtres, tels que Fabienne, idéalisée. L’amour enfin consommé se consume.
Il reprend alors le fil de son existence là où il l’avait laissée et accepte de vivre. Ce refus de la maladie mortelle réveille cette étincelle de vie, qui a brillé nonchalamment lors de sa jeunesse. Peter Stamm, avec une écriture épurée dépeint précisément la vacuité d'une existence.
Alexandra Morardet
- Peter Stamm est né en 1963 à Weinfelden. Son premier roman, Agnes, a paru en 1998 aux Editions Arche à Zürich et Hambourg. Il a reçu le prix de Rauris en Autriche et des prix du canton et de la ville de Zürich. En 1999, il a publié Blitzeis, un recueil de neuf récits. En 2000, Agnès paraît en traduction française et anglaise. Peter Stamm vit et travaille à Zürich, Winterthur et Berlin.
Ses romans sont publiés en français par les éditions Christian Bourgois.
Agnès (2000)
Traduit de l'allemand par Nicole Roethel
ISBN : 2-267-01548-X
D'étranges jardins (2004)
Traduit de l'allemand par Nicole Roethel
ISBN : 2-267-01734-2
Paysages aléatoires (2002)
Traduit de l'allemand par Nicole Roethel
ISBN : 2-167-01635-4224
Verglas (2001)
traduit de l'allemand par nicole Roethel
ISBN : 2-267-01576-5








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