L’adaptation par Robert Wilson de l’opéra de Weber Le Franc-tireur est un des points d’orgue de la saison musicale. Un événement très attendu : comment cet Américain à l’imagination débordante dépeindra-t-il l’enfer de la Gorge-aux-Loups ? Le mystère reste entier. Ce n’est pas la première fois que Wilson met en scène Le Franc-tireur, puisqu’il a déjà signé une comédie musicale adaptée de cet opéra, The Black Rider. Sa spécialité ? Un éclairage minutieusement orchestré et des tableaux fantaisistes dans lesquels les personnages évoluent tout en retenue.
Le couple formé par Max et Agathe se trouve au cœur de l’histoire. Max, jeune chasseur, est poursuivi par la malchance : pour gagner la main d’Agathe et ainsi hériter du poste de garde forestier occupé par le père de sa bien-aimée, il doit sortir vainqueur d’un concours de tir. Hélas, depuis des semaines, il est incapable de ramener quelque gibier que ce soit. Max, désespéré, se laisse influencer par Kaspar, un camarade mal intentionné qui a vendu son âme au diabolique Samiel ; il lui propose sept « balles magiques » qui ne ratent jamais leur cible, si elles sont fondues à minuit dans la Gorge-aux-Loups. Cependant, Samiel et Kaspar ont ensorcelé la septième balle pour qu’elle n’obéisse pas à Max. Mais le bien triomphe : grâce à un ermite salvateur, la dernière balle touche Kaspar et Max peut épouser sa promise dans l’année.
Robert Wilson réussit un chef d’œuvre avec le concours du Mahler Chamber Orchestra, dirigé par Thomas Hengelbrock, qui joue sur des instruments d’époque, et accompagné par de talentueux vocalistes, dont Juliane Banse, qui incarne Agathe. Le cor de chasse tient le rôle principal dans l’orchestre, et les extraits les plus connus restent le Chœur des Chasseurs et la scène de la Gorge-aux-Loups, mais aussi l’air mélancolique de Max « Durch die Wälder, durch die Auen » et celui plus intimiste d’Agathe « Leise, leise ».
Retransmission en direct le 1er juin sur www.arte.tv
Le site Internet d’Arte nous fait découvrir ce qui se passe en coulisses grâce à deux reporters et plusieurs caméras fixes : trac des interprètes, tourbillon des techniciens, réactions du public pendant l’entracte, interviews des artistes...Précédé de séquences vidéo sur la mise en scène de l’œuvre, le reportage en coulisses avec nos web-reporters Ute Hoffarth et Rainer Jilg commence une heure avant la représentation et prend fin une demi-heure après.









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