(2008, Belgique, 1h25)Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon…
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Bouli Lannersà propos du film Eldorado
Synopsis : Yvan (Bouli Lanners), revendeur de voitures de collection, la quarantaine renfrognée, surprend chez lui le jeune Elie (Fabrice Adde). Pourtant, il ne lui casse pas la gueule. Il se prend même d’une étrange affection pour l’apprenti cambrioleur et accepte de le ramener chez lui au volant de sa vieille Chevrolet. Commence alors le voyage de deux bras cassés à travers un pays magnifique, mais tout aussi déjanté.
Critique : A l’aide du format scope qui en accentuait les beautés mais aussi le vide, le comédien Bouli Lanners filmait dans « Ultranova » (2005), son premier long métrage, les zones résidentielles et commerciales de la Wallonie pour cerner le malaise d’un jeune homme gagné peu à peu par l’impression de passer à côté de sa vie. En précisant le désarroi d’un personnage aspirant à autre chose, mais sans s’en donner les moyens, le titre se référait aux supernovas, ces étoiles qui brillent une dernière fois avant disparaître dans l’infini.
Format maximal pour intrigue minimale : « Eldorado » voit le comique belge préciser sa démarche et se mettre cette fois lui-même en scène, mais le titre ménage un cadre moins asphyxiant et indique qu’il reste une petite place pour l’utopie en Belgique, malgré les récents soubresauts politiques. Plans étudiés, extérieurs soigneusement arpentés et humour volontiers cosmique (Alain Delon est un naturiste, Philippe Nahon un chauffard médium) ne constituent cependant pas la finalité de ce cinéma. L’émotion d’obédience kaurismakienne, diffuse ou poignante, émerge de la picturalité et tous les moments, pour savoureux qu’ils soient, sont poussés à un stade qui n’est pas assimilé à une simple chute. Lunaire ou saugrenue, chaque séquence se conclut plutôt lorsqu’elle a définitivement perdu en artificialité pour s’imbriquer avec teneur dans l’odyssée de nos deux solitaires, gagnés chacun par l’envie de nouer une relation, de connaître à nouveau un sentiment primordial, tout en ayant le pressentiment de ne plus en être capables. Que Bouli Lanners y parvienne en moins de quatre-vingt dix minutes paysagistes à souhait est la preuve qu’il ne tourne pas dans le vide, ni ne se regarde filmer. L’auteur du court métrage « Non, la Wallonie n’est pas une culture morte » (1995) n’avait effectivement pas dit son dernier mot.Julien Welter
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Eldorado
(2008, Belgique, 1h25)
Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon…
Sortie du 18 juin 2008
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Un micro épopée lunaire en terre wallonne. Prenant.
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