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Du 30.06 au 02.07.2005 - 22/07/05

Electronights

Sortie Trocardière : tapis vert ! Another world, où seul le conducteur du tramway semble suspect : La cité des enfants perdus. Génération X ; sacrifiés, nous ? Pas sûr. Last days have come, pour certains sublimes et tragiques, mais pour d’autres, ça groove : Fight for life... always but Rock n’ roll destroyer, just want to have fun : Mylo, Kittin, The Hacker, Vitalic, Hexstatic, Tobin ... toute la fine fleur de l’électro était attendue au Scopitone 2005.

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A 22 h30 samedi 2 juillet à Rézé (banlieue de Nantes), Le peuple de l’herbe faisait décoller la grande halle et mettait 4 500 personnes, sous anti G : mixture imparable entre hip hop, dub, electro-rock, jungle ou breakbeat accélérée par les skuts improbables d’un Jésus Christ ressuscité (JC 001) par les cuivres, trompette et batterie du groupe, digne d’un big band des années 50.


Fusion des genres passée sous shaker numérique, l’electro a hérité du piano cocktail de Boris Vian boosté par l’énergie du rock, la fraîcheur pop, le métissage et la technique.

Telle la nef d’une cathédrale, pour ce Scopitone géant, dix écrans transparents suspendus en tour de Babel virtuelle au-dessus de la scène inondaient la salle de lumières et de graphes, de pictogrammes ou d’images live aux effets visuels synesthésiques, parfois humoristiques, historiques décalés ou purement symboliques. Un dispositif idéal pour une grand messe orchestrée dès vendredi soir par monseigneur Vitalic, magnanime dompteurs de machines, baladant ses brebis accros aux BPM, de la limite du gouffre sulfureusement dissonant jusqu’aux sommets oxygénés.


Face à la scène, au centre de la grande Halle, la tour d’Utram partenaire scénique incontournable dont les écrans, moniteurs, amplis et câbles "backupés" trois fois contrôlent toutes les projections à 360°. Deux ou trois équipes de VJ ont investi ce labo nocturne. Pour les groupes qui n’auraient pas encore intégré l’image, les Frame FuckerZ, duo nantais parisien, et les Feedback brothers préparent dans la lumière des diodes, sur leurs labtops, mac ou PC, des messages typographiques et images subliminales que seul Edouard, le maître des frames, peut balancer à l’instant t. Projetés en direct ou expulsés dans une déflagration de particules sous AAAseeds, les visuels stimule les dj, ils parlent à la foule qui répond par une vague de corps soulevés. La puissance digitale impressionne et renvoie les meetings politiques de papa à un autre monde, où les Hackers ne sont pas ceux que l’on croit.
Émergés de la scène londonienne des années 90, Stuart Warren et Robin Brunson, DJ et VJ du duo Hexstatic ont compris depuis longtemps la force motrice de cette fusion audiovisuelle : sur le rythme d’une electro frénétique façon James Bond 007, ils nous servent un cocktail décapant d’humour subversif où alternent graphes hypnotiques, images d’archives, ou extraits de concerts avec Led Zep, Angus Young en balade, ou tyroliens en goguette. Leur dernier album, CD/DV Master View s’absorbe d’ailleurs avec lunettes 3D, pour une meilleure adhésion à leur délire visuel. Attention à l’overdose !


Et si l’Écossais Mylo, héritier volontiers des Daft Punk, Pet shop boys mais aussi d’un Bob Dylan, préfère se concentrer sur la musique pour produire des images mentales subtiles aux couleurs pop, les polices vert pelouse de Phantom, son partenaire «visuel» soulignant avec humour, la mort du rock n’ roll, ne sont pas envoyées sur les écrans de la grande Halle par hasard.


Après des années d’improvisations sommaires, Le vjing s’articule et des associations esthétiques se forment ; comme celle toute germanique du duo Modeselektor et des graphistes berlinois de Pfadfinderei. Réunis début 2005 sous le nom de Labland Project, le DVD distribué par Eric Dalbin permet à ceux qui n’ont pas eu le privilège de vivre cette synchronisation electro-flash en life, de la répliquer dans leur sous-sol ou leur salon.


A quand la compil du sorcier Amon Tobin, dont seule la musique est déjà du brain cinéma ?
Les amateurs de jeu pourront, avec la Bande Originale de "Splinter cells of chaos theory", tenter d’explorer l’univers mental de cette réincarnation brésilo-canadienne du ché.

A peine Tobin a-t-il rendu son final scratch (le logiciel relié à ses platines rouage de ses mixs infinis), que le Hacker grenoblois tapis dans l’ombre de ses machines, fait déjà grandir ses rêves mécaniques ( titre de son album chez Live-Goodlife) et relance le dance-floor par une techo puissante et futuriste emprunte de new-wave cybernétique.Ce soir à la grande halle, c’est l’alliance inédite franco-allemande Chloé vs Superpitcher qui nous donnera l’extrême onction, peu avant l’aube.
La veille, le set pourtant si attendu de miss Kittin, s’est soldé par un coït un peu prématuré, pour ne pas dire interruptus : « y a plus de son !» dit-elle, à capella à ses fans, avant de ranger soigneusement ses câbles. En 2003, la grève intermittente avait fait annuler le festival deux jours avant son ouverture. Ce soir, l’incident est clos ; il est cinq heures du mat.


Visions sonores

Booker des DJ aussi convoités en période estivale est un véritable tour de passe-passe, pour un festival dont la notoriété ne fait qu’émerger. Parallèlement la scène électro est une grande famille dispatchée sur une dizaine de labels, dont les membres sont heureux de se retrouver dans les mêmes fêtes. « C’est une sorte de Jamboree, résume Mylo.» Un peu comme s’ils étaient descendus de leur montagne pour faire le beuf, les nouveaux saltimbanques de l’ère électronique sillonnent ensemble, les hot spots d’Europe, d’Ecosse, de Corse en passant par Dansk, Ibiza et Nantes.

Jean-Michel Dupas et l’équipe de l’Olympic (l’association qui gère la salle de spectacle nantaise du même nom) ont su, pimenter leur programmation de quelques références internationales, avec encore, Blonde Redhead «made in» USA, les subversifs Captain Comatose ou Moodyman, prince d’une house aux racines noires issues de la soul, du jazz et du funk.

Mieux, ils ont confronté les têtes d’affiches au spectacle vivant, dopant le multimédia par le live, qualité musicale et rapport intime entre son et image pour ralliement… à la coda.
« Le festival, ne s’est pas créé en 2002 par hasard, précise Marieke Rabouin, chargée de communication : s’il s’est construit autour de l’axe image qu’on enrichit par un live, avec la volonté de privilégier des artistes comme Zenzile, qui proposent un vrai travail vidéo pour accompagner leur musique, il s’inscrit aussi, dans une action plus pérenne : celle d’ouvrir un ECM (Etablissement Culturel Multimedia) à Nantes, en 2008 ».

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Cultures Electroniques
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Reportage d'Orevo
Juillet 2005
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Edité le : 22-07-05
Dernière mise à jour le : 22-07-05