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Roumanie - 08/12/06

Émigration roumaine et intégration européenne

Avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne (UE), le 1er janvier 2007,  l’ émigration  peut être vue à la fois comme une menace entamant la crédibilité de la Roumanie mais aussi comme un facteur de développement.

En Roumanie, l’attitude envers ceux qui choisissent d’émigrer vers les autres États membres de l’UE a totalement changé depuis dix ans. Par le passé,  on considérait ces flux migratoires comme un phénomène périphérique un peu honteux. Aujourd’hui, ils sont reconnus comme un phénomène normal. Les citoyens roumains travaillant à l’étranger représentent une part importante du total de la main d’œuvre roumaine. Depuis qu’il n’est plus nécessaire de demander un visa pour les courts séjours, ce pourcentage relatif est en augmentation.

Selon le sondage d’opinion réalisé par l’Institut roumain de la société (the Open Society Institute) en juin 2004, 10 % des personnes interrogées ont au moins un membre de leur famille qui a travaillé à l’étranger au cours des douze derniers mois. Ce phénomène dépend des possibilités d’emploi et  n’apporte qu’une solution temporaire aux difficultés financières.

Afin d’éviter que l’afflux de travailleurs étrangers ne déséquilibre leur marché du travail, les États membres ont dores et déjà imposé à la Roumanie une période de transition de deux à cinq ans avant que les dispositions des traités sur la libre circulation des travailleurs ne s’appliquent. D’ici là, la législation nationale en matière d’immigration dans les différents États membres reste en vigueur.

Malheureusement, en Roumanie, le gouvernement et les institutions ont réagi très lentement aux phénomènes migratoires. Bien souvent, les travailleurs immigrés d’origine roumaine sont sous-payés et ne bénéficient pas des accords sur la sécurité sociale, comme les ressortissants des États membres, protégés par la législation communautaire qui prévoit l’égalité de traitement avec les travailleurs nationaux. Malgré tout, leur contribution à l’économie nationale est importante et les autorités reconnaissent de plus en plus qu’ils constituent un facteur de développement. Selon le Centre de sociologie urbaine, le capital rapatrié par ces travailleurs représente deux milliards d’euros, ce qui équivaut presque au volume annuel des investissements étrangers dans le pays. Cependant, ces fonds sont en général envoyés directement aux membres de la famille restés en Roumanie et ne transitent pas par le système bancaire, pour éviter toute forme d’imposition. Si l’État n’avait pas tardé à réagir et si le secteur bancaire avait joué un rôle plus actif, l’économie aurait pu tirer de ces apports  un meilleur parti.

Certains auteurs établissent un lien explicite entre émigration et développement. Ils considèrent que les expériences sociales internationales des travailleurs migrants se traduisent en général par une augmentation des connaissances et du savoir-faire dans le pays d’origine. Dans le même temps, les réseaux mis en place par les immigrés roumains dans leur pays d’accueil sont susceptibles de déboucher sur une augmentation des investissements étrangers.

Xandra Popescu
 
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Regards croisés n° 5,
Immigration : la porte étroite
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Edité le : 07-12-06
Dernière mise à jour le : 08-12-06


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