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10/02/06

Enquête sur ordonnance : les prématurés

La prématurité touche environ 7 % des naissances
Le nombre de naissances prématurées n’a cessé de croître ces dernières années. Ce phénomène est dû notamment aux importants progrès de la médecine de la reproduction. La fécondation in vitro, lors de laquelle on implante plusieurs ovules fécondés, donne souvent lieu à des grossesses multiples entraînant en général une naissance prématurée.


Chaque gramme est une victoire

Normalement, un bébé vient au monde après 40 semaines de grossesse (à compter du premier jour des dernières règles) et son poids de naissance est d’environ 3,5 kilos. En Allemagne, il y a environ 7 % des bébés prématurés : ils viennent au monde avant la 37e semaine et pèsent généralement moins de 2,5 kilos. Outre-Rhin, 1 % des nouveaux-nés sont même de grands prématurés dont l'âge gestationnel va de 24 à 32 semaines, compté depuis le premier jour d'aménorrhée ; ils ont un poids allant de 500 grammes à 1,5 kilo. Un accouchement prématuré est généralement annoncé par des contractions précoces qui s’accompagnent souvent d’un écoulement du liquide amniotique.

Forte probabilité de viabilité à partir de la 24e semaine de gestation
La réanimation néonatale, qui intervient dans la première semaine, a fait de grands progrès. Dans un second temps, l’« élevage » des prématurés en incubateur, en tentant notamment de recréer les conditions de vie de l’utérus, est également de plus en plus pratiqué. Toutefois, plus les prématurés naissent tôt, plus le risque de séquelles est élevé :

  • 50 % des bébés nés à la 23e semaine ont des handicaps lourds. Les autres présentent fréquemment des troubles cognitifs et des troubles du comportement.

  • 50 % des enfants nés à la 24e semaine sont en bonne santé, 25 % ont un handicap avéré. Les 25 % restants souffrent de lésions modérées.

  • Environ 75 % des enfants nés à la 25e semaine seront sains.

On sait aujourd’hui que les enfants prématurés ont de bonnes chances de survivre sans garder de séquelles s’ils sont nés à partir de la 24e semaine de gestation. C’est pourquoi les sociétés de néonatologie recommandent de placer en unité de soins intensifs tous les prématurés nés à la 24e semaine ; en revanche, elles préconisent de n’administrer des soins intensifs aux prématurés de 23 semaines que si leurs chances de survie sont optimales, et aux enfants de 22 semaines seulement sur la demande expresse des parents. Si un nouveau-né est trop immature, les médecins débranchent en général les appareillages et lui administrent des médicaments pour atténuer ses douleurs.


Risques générés par une naissance prématurée
L’immaturité des grandes fonctions vitales est le principal problème rencontré lors de la prise en charge des prématurés. Par ailleurs, les tissus risquent d’être endommagés lors des soins dispensés, en raison de leur extrême fragilité. De plus, il se peut que le cerveau soit trop peu oxygéné en raison de problèmes respiratoires et cardiovasculaires. Le risque d’une hémorragie cérébrale est lui aussi important, car les vaisseaux sanguins sont encore très fragiles.

La carence en oxygène et les hémorragies cérébrales sont les principales causes de séquelles. C’est pourquoi l’on évite de transporter le prématuré, on ne le manipule qu’avec d’extrêmes précautions, on s’efforce de prévenir l’hypothermie et la déshydratation et on veille à ce qu’il soit suffisamment oxygéné.

L’un des plus grands progrès dans les soins de néonatologie est la mise au point de substances qui préviennent la détresse respiratoire des prématurés. Et en cas de menace d’accouchement prématuré (MAP), il est possible de stimuler la maturation pulmonaire du fœtus en injectant des corticostéroïdes à la mère.


Un contact corporel rassurant
Pour un enfant né avant terme, le contact avec ses parents est aussi important que les soins intensifs. La méthode kangourou en particulier a fait ses preuves : une heure durant, l’enfant est posé en alternance sur la poitrine de sa mère et sur celle de son père. Il sent leurs battements cardiaques réguliers et la chaleur de leur peau. Cela le calme et le rassure ; du coup, ses propres battements cardiaques et sa respiration deviennent plus réguliers.


De nombreux facteurs de risque ou de déclenchement
Une grossesse multiple induite par une procréation médicalement assistée avec transplantation de plusieurs embryons peut souvent entraîner un accouchement prématuré. D’autres facteurs de risque ou de déclenchement d’un accouchement prématuré sont :

  • La nicotine

  • Les drogues

  • L‘alcool

  • Des antécédents d’accouchements prématurés

  • Un empoisonnement durant la grossesse

  • L’âge élevé de la mère

  • L’age très précoce de la mère

  • Les maladies maternelles (p.ex. diabète)

  • Un apport insuffisant du fœtus en éléments nutritifs (insuffisance placentaire), un placenta praevia, un décollement placentaire

Les maladies infectieuses survenant pendant la grossesse peuvent également déclencher un accouchement avant terme. Les infections vaginales sont les plus fréquentes.


Liens entre infections utérines ou cervico-vaginales et accouchement prématuré
D’après une étude autrichienne, il serait possible d’éviter jusqu’à 5 % des accouchements prématurés en contrôlant régulièrement la présence ou non d’infections utérines ou cervico-vaginales chez la femme enceinte. Cet examen ne figure pas sur la liste des examens préconisés pendant la grossesse. Cependant, les fédérations allemandes de la santé recommandent aux femmes enceintes de consulter le gynécologue pour des contrôles réguliers de la muqueuse vaginale (frottis, bandelettes réactives indiquant le pH vaginal) et pour des échographies du col de l’utérus. Cet examen ne figure pas non plus sur la liste des tests de dépistage des pathologies de la femme enceinte.

Test d’autodépistage des infections
En Allemagne, la femme enceinte peut dépister elle-même une infection en déterminant le pH de sa glaire cervicale à l’aide d’un gant. Ce test, qui est en vente en pharmacie, donne de premières indications sur la présence d’une infection.

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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 14 février 2006

Rediffusion du 01 mars 2005 à 14h45
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters
Une coproduction ZDF-ARTE G.E.I.E.

Edité le : 24-02-05
Dernière mise à jour le : 10-02-06