Comment est née l’idée d’un cycle “cinéma trash” ?
Notre désir était de présenter un cinéma décalé, de série B ou Z, et des films audacieux
d’auteurs contemporains difficiles à diffuser en deuxième partie de soirée. L’idée est, d’une part, de dynamiser la troisième partie de soirée, et d’autre part, de faire découvrir tout un pan du cinéma que les chaînes hertziennes ne diffusent pas.
Le mot trash a plusieurs significations…
Nous avons cherché un qualificatif qui soit compris en allemand et en français. J’aurais préféré “culte”. Littéralement, trash signifie “poubelle”. Aujourd’hui, le mot a pris une signification plus positive, dans le sens de underground ou de marginal. Dans cette nouvelle case, on pourra voir aussi bien des films du studio Troma que des films d’auteurs tels que The brown bunny de Vincent Gallo ou O fantasma de João Pedro Rodrigues.
De l’horreur, de l’érotisme, de la série B et Z : sur ARTE, c’est étonnant !
Cela fait partie de notre mission de se reposer en permanence la question de la culture. L’ironie dont ces films se nourrissent apporte un regard décalé sur la culture officielle. La présence de ce cinéma sur ARTE relève également d’un constat : celui du fort regain du film de genre auprès du public.
Ne craignez-vous pas que cette programmation soit perçue comme fourre-tout ?
Le côté fourre-tout ne me fait pas peur. L’éclectisme est affiché dès le début puisque, après Heat de Paul Morrissey, film culte des années 70, on verra un film récent, L’attaque de la moussaka géante de Panos Koutras, un film d’horreur, La nuit des morts vivants de George Romero, etc. Par la suite, on pourra programmer Irréversible de Gaspard Noé et la semaine suivante Maciste contre Hercule de Mario Mattoli. Ces sauts de registre font tout l’intérêt d’une telle
programmation.
Pourquoi avoir choisi L’attaque de la moussaka géante ?
C’est un film d’aficionados et c’est un film récent. Quand on entend le titre, on sait immédiatement qu’il s’agit d’une oeuvre qui ne se prend pas au sérieux. C’est un bon exemple de ce genre réalisé avec des petits moyens, qui se moque de beaucoup de références et qui permet de découvrir de jeunes auteurs inconnus.
Outre les films trash, quels sont les grands rendez-vous cinéma sur ARTE cette année ?
Plusieurs autres cycles sont prévus : des programmes consacrés à deux grands auteurs, Billy Wilder et Carl Theodor Dreyer ; une thématique “cinéma et gastronomie” ; une rétrospective consacrée au western ; une programmation autour du jeune cinéma thaï et une autre autour du jeune cinéma argentin ; enfin, pour terminer l’année, un hommage à Andrei Tarkovski.
Propos recueillis par Donald James






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