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24h Berlin

L'événement télévisuel de la rentrée à suivre sur ARTE et sur arte.tv/24hberlin. Discutez avec les protagonistes dans le live-blogging !

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24h Berlin

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24h Berlin

31/08/09

Entretien avec le réalisateur Volker Heise

Comment l’idée a-t-elle pris forme ? Quelles ont été vos références ?
J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont on peut de nos jours raconter une ville. J’ai pensé au Dublin de James Joyce, à Manhattan Transfer de Dos Passos et au Berlin d’autrefois capté par Robert Siodmak, E.G. Ulmer et Billy Wilder dans Les hommes le dimanche, par Alfred Döblin dans Berlin – Alexanderplatz et par Walter Ruttman dans Symphonie d’une grande ville. Mais comment aller au-delà du cinéma et de la littérature en mettant à profit les nouvelles technologies ? J’ai alors pensé à un programme destiné à la télévision, auquel des citoyens participeraient en parlant devant une caméra ou en tournant des vidéos : en racontant ou en commentant une journée – ordinaire ou pas – de leur vie, ils raconteraient « leur » ville.

Volker Heise
Depuis plusieurs années, il travaille avec le producteur Thomas Kufus (Zero One Film) sur de nouveaux formats documentaires. On lui doit plusieurs feuilletons documentaires sur la vie quotidienne à différentes périodes (1900 – la vie de château, Il y a 100 ans en Forêt-Noire) et Les aventures culinaires de Sarah Wiener, tous diffusés sur ARTE.
Et pourquoi 24 heures ?
La télévision se fait par la mise bout-à-bout de cases de programmes différentes qui composent ce qu’on appelle une grille sur une journée donnée. C’est un dispositif très ouvert qui permet une variété des genres. J’ai donc eu envie de « jouer » avec cette grille pour saisir toutes les facettes de la grande ville. Pour restituer toute la diversité des lieux et des milieux, je fais alterner sur la durée des actualités type journal télévisé, des éléments de série, des portraits, des micro-trottoirs et des vidéos des Berlinois. Nous voyons des hommes et des femmes du lever au coucher, leurs histoires s’imbriquent et les protagonistes commentent mutuellement leurs gestes et leurs attitudes, discutent, s’affrontent ou abondent dans le même sens.

Qu’est-ce que le format télévisuel permet donc de raconter ?
La vie des gens au quotidien. Habitudes de repas, travail, école, déplacements, loisirs, tout y passe. L’idée a été de rester à « hauteur d’homme », en caméra subjective, sans aucun jugement sur les protagonistes, qu’ils soient maire, junkie, rédacteur en chef ou ramoneur. Nous essayons de capter et comprendre chaque être dans son environnement. Au moment du montage, nous avons du veiller à ne pas accorder trop d’espace à tel personnage ou à telle histoire. Il a fallu maintenir un subtil équilibre entre plans rapprochés et plan d’ensemble, croiser l’individuel et le collectif, laisser parler les gens mais aussi sentir le pouls de la cité.

Comment avez-vous travaillé avec les autres réalisateurs ? Peut-on reconnaître leurs différentes écritures ?
Il était clair dès le départ qu’il ne s’agissait pas pour eux de tourner chacun un « film d’auteur ». Nous les avons invités à voir ces tournages comme une démarche expérimentale ou un happening. Les règles étaient claires : nous faisions les recherches en amont, eux tournaient, puis nous décidions seuls du montage. Même si le résultat final semble avoir été conçu d’un seul jet, d’aucuns ne manqueront pas reconnaître ici et là la signature de tel ou tel réalisateur.

Edité le : 14-08-09
Dernière mise à jour le : 31-08-09


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