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Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Festival cinéma - 22/12/08

Entrevues 2008 - Le Palmarès

Le festival Entrevues s'est tenu du 22 au 30 novembre dernier et vient de rendre son palmarès : l'occasion pour nous de revenir sur quelques films dont nous avions fait écho précédemment.

  • Interview de Franck Vialle à propos de "HOM" - Grand Prix du court métrage français- Entrevues 2008 - Interview Julien Welter
  • Interview de Jean-Charles Fitoussi, réalisateur de "Je ne suis pas morte"

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A propos de
« Je ne suis pas morte »
de Jean-Charles Fitoussi
Prix du film français Entrevues 2008
(première présentation : festival de Locarno 2008)

Ancien assistant de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Jean-Charles Fitoussi présentait dans le cadre de la section « Cinéastes du présent » son deuxième long métrage « Je ne suis pas morte », œuvre imposante et inspirée de trois heures dix, où l’on retrouve d’emblée le goût prononcé du réalisateur pour le fantastique qu’il nomme plus précisément « le réel jusqu’en ses confins ». Le film est composé en trois parties intitulées « Par les beaux soirs d’été », « Le chant des séparés » et « Par des chemins étranges ». Alix, créature de vingt sept ans issue des expériences scientifiques de William Stein, n’a pas la capacité à éprouver de sentiment amoureux. Elle passe ainsi de garçons en garçons, obnubilée de ce manque évident. En parallèle, Frédéric souffre le martyre d’une rupture inconsolable, un désamour qui s’étend jusqu’au rejet de lui-même. Enfin Hélène s’occupe tendrement de sa mère plongée dans un coma profond. Cette dernière, tel un fantôme, embarque le spectateur dans un voyage lancinant, détaché de toute contrainte d’espace et de temps. Point de départ de ce film, la truculence mariée à l’extraordinaire qui vise à examiner une créature digne de Mary Shelley, est accompagnée de la découverte des partis pris esthétiques inouïs de Jean-Charles Fitoussi pour ce film : un format devenu rare (le format 1.37) et la qualité d’une lumière et d’un jeu de contrastes d’exception propres aux qualités du chef opérateur Sebastien Buchmann et des dernières bobines d’une pellicule hypersensible que le fameux laboratoire K. a cessé de produire récemment. Emulsion aux goûts multiples, « Je ne suis pas morte » navigue en réalité au gré de l’inspiration d’un réalisateur entièrement libre et sans vrai scénario, tenu uniquement par son désir de filmer des êtres et des lieux, axes incontestables assimilés à l’intention d’éviter la coupe pour mieux privilégier la séquence et embrasser des registres très différents : la légèreté et l’humour des scènes consacrées à Alix cèdent la place aux ténèbres et à la mélancolie de Frédéric, remplacés plus loin par des visions extravagantes et rêveuses d’un esprit fantomatique. Mais encore, au-delà de cette simple succession, chaque moment préserve l’interpénétration des formes, bouscule invariablement toute prévision, un climat qui conjugue l’inattendu à tous les temps. Dans « Je ne suis pas morte », Jean-Charles Fitoussi réussit le tour de force de convoquer à lui seul le cinéma de Jean Paul Civeyrac, celui d’Eugène Green, de Serge Bozon, des Straub et Huillet, parfois même de Rainer Fassbinder, aux détours de clins d’œil volontaires ou non, d’une désinvolture ou d’une déférence appliquée, quoiqu’il en soit avec un appétit insatiable à faire du cinéma comme si ce dernier était en danger, avec urgence et délectation.


A propos de « Je flotterai sans envie » de Frank Beauvais
Grand Prix du court-métrage documentaire Entrevues 2008
Mention spéciale Prix One + One Entrevues 2008
(première présentation : festival de Locarno 2008)

« Je flotterai sans envie » de Frank Beauvais prend alors tout naturellement le relais dans cette séance pour une complainte maîtrisée, analysée, décortiquée. Après « Vosges » et « Compilation, 12 instants d’amour non partagé », ce dernier volet est le plus implacable des trois tant il juxtapose la dureté des mots d’Arno Kononow en voix off et la beauté d’images souvent abstraites et inspirées par l’idée d’abandon. Sous la gestuelle de l’auto flagellation, Frank Beauvais tente de comprendre le mystère de sentiments incompatibles tout en prenant le risque de se noyer face aux ambigüités du jeune homme, accepte ses faiblesses, sa fragilité, sa mauvaise foi, de s’étourdir du sens caché des mots. Or plus Arno se livre, plus il se dérobe, à la fois victime et bourreau d’amour prompt à relever le défi que lui impose son interlocuteur, quitte à souffrir de l’image de son propre reflet, quitte à se révolter et mener Frank Beauvais par le bout du nez. En alternance, les silences et la musique parfaitement adaptée de München permettent au réalisateur et au spectateur de reprendre leurs souffles, de soutenir la distance, comme si ce regard croisé voué à l’échec nécessitait toujours de panser ses plaies pour mieux revenir à la charge. Au final « Je flotterai sans envie » résonne comme un exorcisme, un film nécessaire dans le but de se sentir toujours vivant.

Olivier Bombarda


A propos de Franck Vialle, auteur de « HOM (Heart Of Mine) »
Grand Prix du court-métrage français Entrevues 2008
(première présentation : festival de Pantin 2008)


A la tête des productions indépendantes Le Deuxième Souffle, le réalisateur Franck Vialle présente son troisième court métrage, « HOM (Heart Of Mine) », un film composite résumé en ces termes : un architecte consciencieux et ses déboires affectifs, un groupe de pop moderne parachuté en pleine forêt, la mélancolie familiale autour de l’enfant bienvenu, dans la proximité étrange de ces fragments d’humanité, une envie de construire encore fragile ». Alors qu’il travaille à la production d’un documentaire consacré au musicien Rodolphe Burger, Franck Vialle revient sur les enjeux et les interprétations de ce film bref et secoué.

Julien Welter

Visionner l'interview de Franck Vialle par Julien Welter



Palmarès 2008

  • Jury des films de fiction

Grand Prix du long-métrage de fiction
(Prix doté par la ville de Belfort et soutenu par le GNCR/Groupement National des Cinémas de Recherche)
Le Chant des oiseaux de Albert Serra (Espagne)


Grand Prix du court-métrage français
HOM (Heart of Mine) de Franck Vialle


Grand Prix du court-métrage étranger
Love You More de Sam Taylor-Wood (Royaume-Uni)


Prix Janine Bazin (prix d’interprétation doté par l'annuaire Bellefaye du cinéma et de l'audiovisuel)
Eleonore Hendricks pour "The Pleasure of Being Robbed"


Jury des films documentaires
Grand Prix du long-métrage documentaire (Prix doté par le Conseil Général du Territoire de Belfort)
Aka Ana de Antoine d’Agata (France)


Grand Prix du court-métrage documentaire
Je flotterai sans envie de Frank Beauvais (France)


  • Jury fiction et documentaire
Prix du film français

Je ne suis pas morte de Jean-Charles Fitoussi
(ce prix est destiné à soutenir la diffusion et à améliorer la visibilité d’un film français lors de
sa distribution)


  • Prix décernés par le public
Prix du long-métrage de fiction
Prince of Broadway de Sean Baker (Etats-Unis)


Prix du court-métrage de fiction
Love You More de Sam Taylor-Wood (Royaume-Uni)


Prix du documentaire
Gaza, souvenirs de Samuel Albaric (France)


Prix One + One
(Doté par la Sacem)

Pink de Alexander Voulgaris (Grèce)


Mention spéciale à
Je flotterai sans envie de Frank Beauvais (France)

Le site officiel du festival

Edité le : 01-12-08
Dernière mise à jour le : 22-12-08