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Dimanche 30 septembre à 20h45 - 24/09/07

Épouses et concubines

Dans la Chine des années 20, un huis clos hiératique qui retient prisonnière la splendide Gong Li, broyée par des lois sociales impitoyables. Un réquisitoire contre l'esclavagisme, déroulé comme une succession de tableaux somptueux.

Film de Zhang Yimou
(Chine, 1991, 2h06mn, VOSTF)
Scénario : Ni Zhen, d’après le roman de Su To ng
Avec : Gong Li (Songlian, la quatrième épouse), He Caifei (Meishan, la troisième épouse), Cao Quifen (Zhuoyun, la deuxième épouse), Jin Shuyuan (Yuru, la première épouse), Ma Jingwu (le maître Chen), Kong Lin (Yan’er), Cui Zhihgang (Docteur Gao), Chu Xiao (Feipu)
Image : Zhao Fei
Décors : Cao Jiuping et Dong Humiao
Musique : Zao Jiping
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La Chine du Nord dans les années 20. Songlian, 19 ans, est contrainte d’abandonner ses études à la mort de son père. Pour subvenir à ses besoins, elle se résigne à devenir la quatrième épouse du riche maître Chen. Arrivée dans la demeure de ce dernier, elle est aussitôt impliquée dans les luttes auxquelles se livrent les autres épouses. Avec pour enjeu la lanterne rouge, signe de la faveur du maître et donc du pouvoir sur la maison.

Les emmurées
Épouses et concubines est une œuvre magnifique, tant sur le fond que sur la forme. Comme dans Le sorgho rouge et Ju Dou, Zhang Yimou dénonce les rigidités sociales et prend la défense des femmes, principales victimes d’un pouvoir masculin écrasant. L’intrigue se déroule exclusivement entre les murs du palais, lieu confiné du gynécée où les épouses se livrent  une guerre sans merci pour obtenir le seul avantage à leur portée : une nuit avec le maître. L’arrivée de Songlian pourrait faire basculer cet équilibre. Elle est belle, instruite, volontaire. Mais elle se laisse happer par la toile d’araignée insidieuse des rapports humains, tentant elle aussi de prendre le pouvoir par le mensonge et la calomnie. À ce jeu, elle perd. Sa jeunesse et son impétuosité se brisent sur le mur de la tradition féodale et sa seule échappatoire devient la folie. Zhang Yimou ne se contente pas d’étudier les rapports de sexe. Avec le personnage de Yan’er, la servante de Songlian, il introduit les rapports de classe. Pour avoir rêvé de devenir concubine, celle-ci est durement châtiée. La beauté presque étouffante des décors, des costumes, des lumières, semble resserrer encore le piège qui enferme les deux jeunes femmes. Et la demeure de Maître Chen, comme roidie par le froid et le brouillard, rythmée par des rituels hiératiques, se fait tour à tour forteresse, échiquier et tombeau.


Edité le : 24-09-07
Dernière mise à jour le : 24-09-07