>22h30 : Belgrade, partir ou rester ?
Réalisé par Goran Paskaljevic
Coproduction : ARTE France, Morgane Production, Agat Films et Cie, Gloria Films, Novo Productions (Belgrade)
(France, 2002, 57mn)
À partir des retrouvailles entre deux jeunes filles - l'une prête à tout pour partir, l'autre désirant rester à Belgrade -, Goran Paskaljevic (Baril de poudre) saisit avec justesse l'esprit d'une jeunesse partagée entre désespoir et soif de vivre.
Branislava Podrumac, 19 ans, a quitté la Croatie en 1997 pour s'installer à Belgrade où elle est en troisième année de Conservatoire, section opéra. Elle n'a qu'un rêve : partir en Italie et chanter à la Scala. Dina Miovic étudie l'espagnol et l'italien et revient d'un long séjour au Canada. Depuis son retour, elle n'a qu'une envie : rester dans un pays quelle aime et dont elle désire améliorer la situation. Les deux jeunes filles se sont rencontrées à la chorale de l'église. De concerts en farniente sur la plage en passant par le grand bal des bacheliers, une visite au zoo et des moments plus intimes en famille, Dina, Branislava et leurs amis évoquent leur pays, les bombardements, leur rapport à la politique, se disputent, mais aussi s'amusent, chantent, dansent...
Réalisateur du très remarqué Baril de poudre (1998, diffusé sur ARTE en août 2001 et récompensé, entre autres, par le Prix de la critique à Venise), Goran Paskaljevic décrit avec justesse et habileté l'état d'esprit de la jeunesse belgradoise. Malgré la misère, les souvenirs douloureux des conflits et des bombardements, un vent d'optimisme souffle sur le film. Emmené par la voix enchanteresse de Branislava et la folle énergie de la musique des Balkans, le documentaire va droit au coeur de l'âme serbe et pointe ses contradictions : retenue des comportements et glamour des robes de soirée, sentiment d'être brimé et désir d'avancer à tout prix, envie de modernité et attachement viscéral aux traditions... Goran Paskaljevic explore ainsi avec subtilité toutes les facettes d'une jeunesse qui, malgré la guerre, a appris à s'amuser. Certes, la colère reste vive, notamment contre les Européens et les Américains - "Ils n'avaient pas le droit de se mêler de nos affaires intérieures", affirment certains. Le nationalisme n'est pas un vain mot en Serbie, et la volonté de partir de Branislava a le don de provoquer le courroux de Dina, qui y voit une véritable trahison envers leur pays... Reste cette énergie vitale et cette solidarité inaltérable symbolisées par les chansons populaires qui rythment allègrement le film et la vie de tous.
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>23h30 : Quand on arrive en ville - Belgrade
Rediffusions : 05.07.2004 à 02:30
Réalisé par Roland Allart
Coproduction : ARTE France, Morgane Production, Agat Films et Cie, Gloria Films
(France, 2002, 27mn)
De clubs de musique en restaurants, de rencontres au hasard en discussions politiques, une balade libre dans Belgrade.
Il est midi. Dans un Belgrade qui porte encore les stigmates des bombardements de l'OTAN, Roland Allart part à la rencontre des habitants, s'engage au hasard dans des restaurants, des clubs, traverse la ville en tramway. Première étape : l'atelier du photographe Tomislav Peternek, qui a pris des clichés de Milosevic, mais aussi des bombardements, de Belgrade dans les années 1960, de Tito... Puis, arrêt dans la maison d'une famille qui célèbre la slava, une fête en l'honneur d'un saint protecteur, et virée dans un club où joue une fanfare tzigane. La soirée durera jusqu'au bout de la nuit. Pour se remettre de sa gueule de bois, le réalisateur décide de prendre un petit déjeuner typiquement serbe composé d'un café turc, d'une soupe de poisson et d'un petit verre de vodka... Avant de rejoindre un journaliste qui lui raconte comment Tito avait voulu que son peuple le déifie, puis un auteur d'aphorismes étonnant et un groupe de rap serbe, Beogradski Syndicat. Tous expriment leur dégoût pour le mensonge politique, témoignent de la situation paradoxale d'une jeunesse marquée par la guerre et un certain nationalisme, mais toujours encline à faire la fête, à se retrouver.
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>00h00 : Requiem de mariage pour les Balkans
Réalisé par Milos Radovic
Production : Cie Panoptique, Mercury France, Universal Music Publishing France
(France, 2002, 60mn)
Portrait du compositeur et musicien serbo-croate Goran Bregoviç, ancienne star du rock yougoslave, auteur des bandes sons enivrantes d'Emir Kusturica, aujourd'hui à la tête d'un orchestre balkanique.
Rock star reconvertie dans la musique de films à la faveur de sa rencontre avec Emir Kusturica - il a signé notamment les B. O. du Temps des gitans, d'Arizona Dream et d'Underground -, Goran Bregoviç se produit désormais sur scène avec un orchestre composé de musiciens classiques des Balkans et de fanfares tziganes. Installé à Paris, il a préservé ses attaches avec sa ville natale, Sarajevo, mais aussi avec Belgrade. De ses premières prestations rock (où il arborait alors un look glamour à paillettes) à l'un de ses derniers concerts au Cirque d'Hiver à Paris en passant par sa participation musicale aux manifestations anti-Milosevic en septembre 2000, Milos Radovic retrace le parcours étonnant d'un artiste "heureux d'être né dans un endroit éclectique et moderne". Le musicien évoque sa région natale à la frontière de la Croatie et de la Hongrie, son père violoniste, son enfance bercée par le folklore, sa manière d'aborder la musique, de travailler avec les fanfares issues de la Serbie du Sud et son amour pour les orchestrations populaires qui rythment les mariages et les enterrements.






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