Thomas Feibel: Les jeux vidéo permettent l’évasion virtuelle. À l’inverse d’autres supports médiatiques, l’enfant peut intervenir sur le déroulement des événements. Ce type de jeu a toujours beaucoup plu : il permet de se glisser dans un rôle et de se lancer dans des aventures impossibles à vivre dans la réalité. On peut commander des armées entières, s’envoler vers les espaces intersidéraux, se transformer en pilote de formule 1 et partir à la découverte de trésors – tout cela sans l’aide d’un adulte. En outre, et ce n’est pas le moindre de leurs avantages, ces jeux donnent à l’enfant l’impression d’être pris au sérieux – et peu importe qu’il soit grand ou petit, gros ou maigre, porte un appareil dentaire ou des lunettes.
Aujourd’hui, l’ordinateur n’est pas utilisé que pour jouer …
Dans une chambre d’enfant, l’ordinateur est souvent une sorte de poste de commandement vers lequel convergent tous les intérêts. L’enfant joue, surfe, chatte, téléphone, écoute de la musique ou regarde des films – utilisant souvent plusieurs médias à la fois. En appuyant sur un bouton, il s’ouvre tout un univers.

- Deutscher Kindersoftwarepreis TOMMI
Informations sur le prix "Tommi", decerné au meilleur logiciel (en langue allemande) pour enfant. - FEIBEL.DE
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Dans le débat actuel, les jeux vidéo souffrent d’une connotation fortement négative. Quelles possibilités ont les parents de contrôler la consommation médiatique de leurs enfants sans pour autant jouer les trouble-fête ?
Il ne faut pas oublier que les jeux informatiques sont avant tout une manière de se divertir. Comme pour la plupart des autres activités, il convient d’établir des règles. Les parents peuvent veiller à ce que l’ordinateur ne prenne pas trop d’importance et à ce que leurs enfants apprennent à gérer leur consommation audiovisuelle. Par exemple en fixant des horaires bien précis : à partir de 10/12 ans, 90 minutes par jour pour l’ensemble des supports – à eux de décider s’ils préfèrent jouer sur leur console, regarder la télévision ou lire un livre.
Pour de nombreux parents, les jeux vidéo restent une énigme…
Oui, malheureusement, ce sont de plus en plus souvent les enfants qui décident du choix de leur jeu et de la durée pendant laquelle ils jouent. Naturellement, les parents qui, au lieu de s’occuper d’eux, préfèrent ne pas les entendre pendant trois heures, favorisent une possible addiction. Même si cela paraît un peu brutal, je pense que ceux qui ne s’intéressent pas aux expériences médiatiques de leurs enfants ne s’intéressent pas vraiment à eux. Ce n’est pas si grave d’interdire un jeu car au moins, l’enfant a l’impression que ses parents s’occupent de lui. Il va de soi qu’on ne doit pas forcément laisser un préadolescent d’une douzaine d’années jouer à un jeu où il faut tirer sur tout ce qui bouge mais alors il faut lui proposer une alternative.
À partir de quand la consommation des médias devient-elle problématique ?
Le plus souvent, les problèmes apparaissent quand on passe du logiciel pour enfants au jeu informatique. Les parents apprécient en général les logiciels destinés aux enfants de 6 à 10 ans et ils en saisissent l’intérêt. Mais ces jeux ne sont plus adaptés aux 11/12 ans. Si ces derniers se fournissent auprès de leurs camarades, les parents sont vite dépassés. Il faut donc qu’ils soient très présents lors de cette période de transition et veillent à la qualité du produit. Ils n’empêcheront pas que les préadolescents ramènent de temps à autre des jeux de tir mais ils s’en lasseront vite, ayant fait l’expérience de la qualité.
Vous arrive-t-il aussi de jouer pour votre plaisir ?
Evidemment, il faut que je joue pour des raisons professionnelles et cela me divertit mais jamais je n’ai été vraiment accro. J’ai donc l’avantage du recul. Je verrais plutôt les jeux d’ordinateur en journaliste. Si je n’atteins pas le niveau 13, cela ne m’empêche pas de dormir. Il m’arrive même de trouver certains jeux terriblement ennuyeux.
Comment faire pour choisir le jeu le mieux adapté à mon enfant ? Les limites d’âge indiquées sont-elles un argument ?
Il existe en Allemagne un organisme de contrôle (Unterhaltungssoftware Selbstkontrolle – USK). La classification USK visible sur l’emballage et les supports est certes une indication utile mais elle n’est rien d’autre qu’un certificat de conformité. Un jeu « 6 ans » ne présente pas de caractère dangereux comme des scènes de violence, mais cela ne signifie pas qu’il convient à un enfant de six ans. En fait, le meilleur critère est qu’il plaise et que son contenu soit suffisamment captivant pour qu’on ait envie de continuer à y jouer.







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