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Vu par... les étudiants du CELSA - 04/12/07

Expositions - Clichés de la guerre

Jusqu’à la fin de l’année, deux expositions parisiennes donnent des visions des deux guerres mondiales diamétralement opposées. Au Jeu de Paume, les clichés de Steichen vendent la « World War II », à l’opinion publique américaine. Au musée de l’Armée, c’est l’invisible, le caché, l’intime des vies amoureuses et sexuelles pendant les conflits qui est dévoilé.

Galerie photos
Un reportage de Nassim Alloy


Une épopée photographique. C’est le nom de l’exposition qui rend hommage au travail d’Edward Steichen au Jeu de Paume. Photographe hyper-prolifique du XXè siècle, il est surtout connu pour son travail de portraitiste d’illustres fantômes de la Jet Set (Marlene Dietrich, Isadora Duncan, Ernst Lubitsch, Paul Claudel), et de directeur artistique du Vogue US (toilettes de Jeanne Lanvin, Elsa Schiaparelli ou Paul Poiret).

Le Jeu de Paume présente au grand public une autre facette de Steichen : celle du photographe de guerre. En 1943, il est autorisé à embarquer sur le porte-avions USS Lexington, dans le Pacifique Sud. Là, il sait que sa mission est symbolique : comment montrer au peuple américain -poignardé dans le dos lors de Pearl Harbor- que la guerre contre l’Axe est juste ? Le résultat est spectaculaire : une trentaine de photos de l’exposition « Road to Victory », exposées au MoMA de New York (Museum of Modern Art) nous font découvrir la guerre, telle que Steichen a voulu que les Américains et le monde la voient : des Marines qui font la sieste sur le pont, des Marines en plein briefing, des tombes de soldats américains ou japonais.
Prêtées pour l’occasion par les Archives Nationales américaines, ces photos nous font réfléchir sur le photographe « le mieux payé » du siècle dernier. Né au Luxembourg, on lui devine un amour fort pour les Etats-Unis. Pendant la première guerre mondiale, il était déjà engagé sur le front en France, sous les couleurs du drapeau étoilé.


Aux Invalides, de l’autre côté de la Seine, l’exposition « Amours guerres et sexualité » nous donne une vision du conflit beaucoup plus spontanée.
Des prisonniers en camp de concentration qui vivent leur dernière étreinte, des pin-ups à outrance, la liste des bordels de Paris visée par la Kommandantur…Comme on prend plaisir à visiter le grenier de ses grands parents, cette exposition est un voyage dans le temps très attachant, comme un grand bric-à-brac de tout ce qui touche de près ou de loin à la sexualité et l’amour pendant les deux guerres mondiales.
Ici, c’est l’affect qui est sollicité. Et le visiteur passe par tous les états : le rire (campagnes de prévention contre les maladies vénériennes), le doute (actes de zoophilie des prisonniers de guerre), ou le dégoût, avec la photographie d’une synagogue française transformée pour l’occasion en maison close par les Allemands. Enfin, inoubliable, « L’assaut », une affiche incroyable qui met en scène l’irrésistible attrait de la gent féminine pour les tirailleurs sénégalais.


Expositions

Steichen, une épopée photographique
Jusqu’au 30 décembre 2007
Jeu de Paume, site Concorde
1, place de la Concorde
75008 Paris
>> Le site du musée du jeu de Paume

Amours, guerres & sexualité (1914-1945)
Jusqu’au 31 décembre 2007
Musée de l’Armée
Hôtel National des Invalides
129, rue de Grenelle
75007 Paris
>> Le site de l'Hôtel National des Invalides

Edité le : 04-12-07
Dernière mise à jour le : 04-12-07